Pour la quatrième année consécutive, le gouvernement français a donc lancé la campagne «Bonjour», destinée à sensibiliser les professionnels du tourisme à l’accueil et à la qualité de service.
Les participants qui signent un «contrat accueil» — ils sont plus de 20.000 à ce jour — s’engagent à recevoir les touristes avec le sourire, limiter leurs temps d’attente, répondre efficacement aux demandes téléphoniques ou faciliter les contacts avec les visiteurs étrangers. Ces zélés de la convivialité arboreront en échange le panonceau «Bonjour, je m’engage pour l’accueil».
«Si les professionnels donnent le ton, ils créeront une dynamique dans le pays», a estimé la secrétaire d’Etat au Tourisme, Michelle Demessine. L’enjeu dans un secteur «qui marque le pas» est de «consolider et développer les emplois», a-t-elle souligné.
La France est restée la première destination mondiale en 1996 en accueillant 61,5 millions de touristes étrangers. Elle a toutefois du mal à augmenter le nombre de visiteurs, en relative stagnation depuis cinq ans.
Des études tendent à montrer que le pays perd des parts de marché dans le domaine de longs séjours. L’an dernier, la France ne s’est classée qu’à la troisième place pour les recettes dégagées par le tourisme (28,2 milliards de FF), derrière les Etats-Unis (64,3 mds) et l’Espagne (28,4 mds).
Ce phénomène ne s’explique pas exclusivement par la mauvaise réputation des Français en matière d’accueil. Une conjoncture défavorable (attentats, grèves, essais nucléaires ou même pluviométrie) peuvent y contribuer, et la France se serait également trop longtemps reposée sur ses lauriers, de l’avis du précédent ministre du Tourisme Bernard Pons.
Pour faire connaître au grand public les efforts réalisés pour améliorer la qualité de l’accueil, le ministère a souhaité mettre en place au début de l’été un vaste dispositif de communication (affiches, partenariats avec des radios, 4 millions de plaquettes distribuées).
Tutoiements et baisemains
Reste toutefois à savoir si cette démarche constructive ne risque pas de montrer du doigt les insuffisances des Français et de décourager les touristes encore hésitants, commentent en aparté certains responsables du tourisme.
A usage plus interne, pour venir en aide aux professionnels de l’hôtellerie-restauration, le gouvernement a également répertorié les spécificités culturelles d’une trentaine de nationalités. Ils apprendront ainsi que les Allemands aiment les lits jumeaux et les couettes, les Américains sont habitués aux oreillers rectangulaires, et que les Britanniques apprécient peu les cuisses de grenouilles.
Ils devront également tutoyer de préférence les Scandinaves, faire des baisemains aux Roumaines, éviter de jeter des regards directs aux Japonais, et traiter comme des rois les bambins des Italiens. (AFP)


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