«Au cas où il (Sayegh) viendra ici, nous allons commenter l’affaire», s’est borné à déclarer le prince Nayef aux journalistes qui l’interrogeaient, à son retour du Yémen, sur la détention par les Etats-Unis du suspect séoudien.
Dimanche, le ministre séoudien de la Défense, le prince Sultan ben Abdel Aziz, avait reconnu aux Etats-Unis le droit de détenir et de juger M. Sayegh.
L’affaire est «du ressort du pays où il (le suspect) est retourné», a déclaré le prince Sultan lors d’une conférence de presse à Ryad.
Les propos du prince Sultan étaient apparus en retrait par rapport à la première réaction séoudienne à l’extradition du suspect.
Le 22 juin, le vice-ministre de l’Intérieur, le prince Ahmed ben Abdel Aziz, avait déclaré que «Sayegh est un citoyen séoudien et c’est normal que nous nous intéressions à son cas».
Le prince Ahmed n’avait pas alors précisé si Ryad avait l’intention de demander à interroger ce suspect ou à obtenir son extradition. Les Etats-Unis ont reproché aux Séoudiens de ne pas partager avec eux les résultats préliminaires de l’enquête sur l’attentat.
Sayegh avait séjourné aux Etats-Unis avant de gagner le Canada, où il avait demandé l’asile politique. Extradé de ce pays vers les Etats-Unis le 17 juin, il est le premier suspect arrêté dans l’affaire de l’attentat de Dhahran.
Un camion chargé d’explosifs a explosé le 25 juin 1996, faisant 19 morts américains et 500 blessés dans un cantonnement d’aviateurs américains opérant sur la base aérienne de Dhahran (est de l’Arabie).
Après son extradition, Sayegh a été inculpé par un juge fédéral américain de «complicité de tentative de meurtre de citoyens américains», et non de participation directe à l’attentat, en échange de sa coopération.
D’après le «Washington Post», il a déjà impliqué un officier de renseignements iranien, Ahmad Sherifi, dans la préparation d’attentats anti-américains en Arabie.
Le directeur du FBI, Louis Freeh, avait estimé le 25 juin qu’il «restait beaucoup à faire» dans l’enquête sur l’attentat de Dhahran, ajoutant qu’il fallait pour cela «une coopération plus intense» avec l’Arabie Séoudite. (AFP)


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