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Actualités - Reportage

Jubilation à Chinatown, réalisme prudent à l'ONU

NEW YORK, de Sylviane ZEHIL. —
Minuit vient de sonner, lundi, à Hong Kong, et les millions de Chinois repartis dans le monde partagent un même sentiment: le lien de sang est plus fort que l’idéologie.
Les Sino-Américains de Chinatown le savent: la rétrocession de Hong Kong à la Chine n’a pas un impact socio-économique immédiat sur leur vie entièrement américanisée. Ce qui importe, pour le moment, c’est la joie et la fierté du retour de l’enclave à la mère-patrie.
Jubilation, exubérance, fierté, inquiétude et résignation: tels sont les mots qui viennent à l’esprit pour décrire l’ambiance qui règne ici. «Qu’ils viennent de Taïwan, de Hong Kong ou de Macao, les Chinois ont leur culture propre. Nous avons attendu 156 ans pour cela,» affirme un Chinois. Tout le monde ne partage pas cette liesse. On note une certaine inquiétude dans les rangs des pro-démocrates qui pensent que la Chine risque de changer de direction. D’autres ne cachent pas leur méfiance. «Je ne fais pas confiance au gouvernement chinois... Les communistes ne tiennent pas leur parole,» affirme une Chinoise de 33 ans.
Au rythme des cymbales, tambours qui ponctuent les danses folkloriques, plus de 4.000 personnes ont participé à une parade-célébration organisée à New York pour marquer l’événement. Trois drapeaux (chinois, hongkongais, américain, mais pas d’emblèmes taïwanais) ont été distribués aux participants. La foule a démarré de Bowery, passant par Canal Street, pour arriver à Mott Street, au cœur de Chinatown. Derrière les barricades de police, une foule composée de Chinois — uniquement —, s’est mise à applaudir et à hurler «Vive le peuple chinois!».
Des banderoles et photos-symbole ont été hissées par les marcheurs, représentant la Banque de Chine bâtie à Hong Kong par le grand architecte L.M. Pei et le portrait de Deng Xiaoping, l’architecte qui a présidé au destin de Hong Kong en 1984. La foule joyeuse a scandé les phrases clés de l’accord sino-britannique: «Un haut degré d’autonomie» et aussi «Un pays, deux systèmes». Ce sentiment de fierté se traduit par cette réflexion: «Il est naturel de voir le retour de Hong Kong à la vraie patrie. C’est quelque chose qui nous appartient. Il nous a été enlevé. Maintenant, on nous le rend.»
Pendant que la joie est manifeste dans les rues de New York, l’événement a été vécu plus calmement à l’ONU. Les Chinois se sont agglutinés silencieusement autour du poste de télévision pour assister, en direct sur CNN, à la cérémonie. Le discours solennel et ému du prince Charles et l’intervention victorieuse du président chinois Jiang Zemin ont été commentés en anglais et en chinois. La jubilation des Chinois et la résignation des Anglais ont été ressenties profondément ici. «C’est un festival pour les Chinois, une victoire pour la justice», a affirmé le président chinois dans son discours. L’occasion est solennelle, et le silence qui l’accompagne aussi.
Aux Nations Unies, dans la salle des correspondants de presse, un officiel chinois a noté que «Hong Kong restera un centre international de la finance, du commerce et du transport maritime, protégé par des lois. Les remarques du président chinois sont rassurantes pour l’autonomie et la démocratie. La Chine aura besoin de Hong Kong, et Hong Kong aura besoin de la Chine pour survivre».
L’ambiance générale aux Nations Unies est à l’expectative. On chuchote déjà que l’enclave intégrera bientôt l’ONU. Dans sa déclaration, le secrétaire général Kofi Annan a souligné «qu’il était ravi d’être à Hong Kong en ce jour mémorable, un jalon dans la longue histoire de la décolonisation... Pour le dynamique peuple de Hong Kong, un nouvel avenir se dessine, basé sur des fondations solides. L’économie de Hong Kong est forte. D’importantes promesses ont été faites au peuple, lui garantissant que la vie et la diversité de la société seront préservées et renforcées conformément à la formule «Un pays, deux systèmes».
«Je crois que nous pourrons nous attendre à un renforcement de la nouvelle Région administrative spéciale de la Chine comme centre financier et commercial du monde». M. Annan a formulé à l’intention du nouveau chef de la RAS, M. Tung Chee Hwa, ses vœux de succès ainsi qu’au peuple de Hong Kong, cela afin d’encourager encore plus la prospérité et le dynamisme des habitants.
NEW YORK, de Sylviane ZEHIL. —Minuit vient de sonner, lundi, à Hong Kong, et les millions de Chinois repartis dans le monde partagent un même sentiment: le lien de sang est plus fort que l’idéologie.Les Sino-Américains de Chinatown le savent: la rétrocession de Hong Kong à la Chine n’a pas un impact socio-économique immédiat sur leur vie entièrement américanisée. Ce qui importe, pour le moment, c’est la joie et la fierté du retour de l’enclave à la mère-patrie.Jubilation, exubérance, fierté, inquiétude et résignation: tels sont les mots qui viennent à l’esprit pour décrire l’ambiance qui règne ici. «Qu’ils viennent de Taïwan, de Hong Kong ou de Macao, les Chinois ont leur culture propre. Nous avons attendu 156 ans pour cela,» affirme un Chinois. Tout le monde ne partage pas cette liesse. On note...