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Actualités - Chronologie

Singapour se prépare à prendre la relève

La rétrocession de Hong Kong à la Chine contribuera peut-être au succès des efforts déployés par Singapour pour devenir «la» grande place financière de l’Asie du Sud-Est. Mais il y faudra du temps. Les similitudes entre les deux champions de la libre entreprise ont depuis longtemps suscité des comparaisons, notamment dans les domaines des services portuaires, du tourisme, de la banque et de la finance, où ils se livrent une âpre concurrence.
Si les responsables singapouriens s’abstiennent d’évoquer une rivalité entre les deux places, en mettant avant tout l’accent sur leurs atouts respectifs, il n’en est pas moins vrai qu’ils n’ont pas attendu la veille de la rétrocession pour tenter d’attirer chez eux les Hongkongais incertains de leur devenir.
Peu après la sanglante répression de la place Tiananmen à Pékin, en juin 1989, Singapour lançait un programme spécial à l’adresse des Chinois de Hong Kong, les autorisant à immigrer dans la cité-Etat dans les cinq ans. Le programme a depuis été prolongé. Aucun investissement n’est requis des candidats.
D’après des estimations officieuses, Singapour compte actuellement plus de 7.000 familles originaires de la colonie britannique.
En juillet dernier, les autorités singapouriennes organisaient à Hong Kong une exposition tout à fait sans précédent pour vanter la qualité de vie, les affaires et la politique gouvernementale en matière de logement de leur Etat.

Haute technologie

Pour How Peck Huat, directeur de l’Office de développement économique de Singapour, les deux métropoles sont complémentaires.
«Les entreprises ont un double siège régional, l’un à Hong Kong pour l’Asie orientale, l’autre à Singapour pour le Sud-Est asiatique. Dès lors, il n’est pas question de priver l’un au bénéfice de l’autre».
«Il arrive certes qu’une entreprise n’ait besoin que d’un centre régional. Il lui faudra alors choisir laquelle des deux villes est la mieux placée pour couvrir toute l’Asie. Et nous espérons bien sûr que son choix se portera sur Singapour», ajoute How Peck Huat.
Son avis est partagé par Gary Coull, président de Crédit Lyonnais Securities Asia, à Hong Kong.
«Nous avons mis en place une grosse opération à Singapour. C’est de là que nous développons nos affaires dans le Sud-Est asiatique. Mais nous trouvons plus pratique d’opérer à partir de Hong Kong pour l’ensemble de l’Asie septentrionale».

Puissance


Pour lui, les grands atouts de Singapour sont son système éducatif, la qualité de l’anglais et ses projets de développement à long terme pour en faire un centre de haute technologie et de services.
Quant à l’avenir de Hong Kong, toujours selon ce banquier, il est assuré par sa proximité géographique de la Chine, dont l’économie «explosera» au cours des vingt prochaines années, et il n’y a pas grand chose que Singapour puisse faire pour concurrencer le «Rocher» dans ce domaine.
Mais, remarque un économiste d’une grande banque européenne, «si le gros des opérations bancaires et de gestion de fonds pour l’Asie — à l’exclusion du Japon — reste concentré à Hong Kong, le nombre de sociétés qui s’installent à Singapour est en augmentation».
Selon lui, Singapour a remporté un franc succès en tant que centre régional des changes — en dépit des sévères restrictions qui frappent les transactions dans sa propre monnaie.
Sur les quelque 130 milliards de dollars de transactions quotidiennes réalisées en moyenne sur les changes par la place de Singapour l’an dernier, seulement 6% l’ont été en dollars de Singapour, précisait le mois dernier le ministre des Finances, Richard Hu.
La métropole compte près de 700 banques et institutions financières et 34 multinationales y ont installé leur centre financier régional. Les sociétés qui ont ce type d’opération à Singapour bénéficient d’un taux d’imposition préférentiel de 10%.
«L’attrait de Singapour est plus grand pour les investisseurs étrangers. Pour les entreprises qui ont des opérations manufacturières au Vietnam, en Chine ou en Inde, Singapour propose de fantastiques infrastructures pour leur siège régional», explique Dilip Ratha, économiste chez W.I. Carr à Singapour.
Il pense qu’à terme Singapour bénéficiera de la rétrocession, tout particulièrement si Pékin décide de faire sentir sa poigne.
«Les gens veulent croire à l’avenir de Hong Kong; ils attendent de voir comment les choses vont tourner. A mon avis, la grande vague d’immigration pourrait ne pas être avant juillet 1998», selon cet économiste.
«On constate que la Chine prend lentement les choses en main, ce qui n’interdit pas nécessairement la poursuite de la prospérité ou de la continuité à Hong Kong. Mais il y a des inquiétudes sur le sort du territoire sous administration chinoise d’ici un an ou deux», souligne Dilip Ratha. (Reuter)
La rétrocession de Hong Kong à la Chine contribuera peut-être au succès des efforts déployés par Singapour pour devenir «la» grande place financière de l’Asie du Sud-Est. Mais il y faudra du temps. Les similitudes entre les deux champions de la libre entreprise ont depuis longtemps suscité des comparaisons, notamment dans les domaines des services portuaires, du tourisme, de la banque et de la finance, où ils se livrent une âpre concurrence.Si les responsables singapouriens s’abstiennent d’évoquer une rivalité entre les deux places, en mettant avant tout l’accent sur leurs atouts respectifs, il n’en est pas moins vrai qu’ils n’ont pas attendu la veille de la rétrocession pour tenter d’attirer chez eux les Hongkongais incertains de leur devenir.Peu après la sanglante répression de la place Tiananmen à...