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Actualités - Chronologie

Le prochain sommet de l'OTAN reflétra la volonté de domination des Etats-Unis

Le prochain sommet de Madrid de l’OTAN, placé sous le signe de l’ouverture à l’Est de l’organisation, devrait illustrer une fois de plus la volonté de domination quasiment sans partage des Etats-Unis.
Mais la détermination des Américains à imposer leurs vues à leurs alliés, bien que traditionnelle, a ulcéré de nombreux membres de l’OTAN, menaçant de faire de ce sommet celui de la division, ce que même la Russie, malgré son opposition à l’élargissement, n’était pas parvenue à obtenir ces derniers mois.
A quelques jours du sommet, les Etats-Unis campent sur leur position et continuent de vouloir limiter à trois — Hongrie, Pologne et République tchèque — le nombre des pays d’Europe centrale qui seront invités à Madrid à adhérer à l’OTAN, sans tenir compte du désir d’une majorité apparente de neuf des 16 membres de l’Alliance atlantique qui souhaiteraient y ajouter la Roumanie et la Slovénie.
Malgré le refus de ces pays, emmenés par la France et l’Italie, de céder à ce qu’ils perçoivent comme un diktat américain, il était probable que les Etats-Unis auraient, comme d’habitude, gain de cause.
Il n’y a là rien de surprenant, dans la mesure où les Etats-Unis — qui ont créé l’OTAN en 1949 pour faire pièce à l’URSS de Staline — ont encore quelque 100.000 hommes en Europe et contrôlent tous les rouages de l’Alliance.
La Maison-Blanche, qui parle d’un simple «désaccord», souligne de manière répétée que la Hongrie, la Pologne et la République tchèque sont les seuls, parmi les 12 candidats, sur lesquels il y a un consensus absolu des 16.
«Nous ne pouvons pas décider pour la France qui elle devrait soutenir et la France ne peut pas nous imposer qui nous devrions appuyer pour l’élargissement», a affirmé l’ancien conseiller à la sécurité nationale du président démocrate Jimmy Carter (au pouvoir de 1977 à 1981), Zbigniew Brzezinski, partisan de s’en tenir à trois pays.
«Mais il n’y a pas de division. Il ne doit pas y avoir de division entre l’Amérique et la France à propos de la Roumanie», a-t-il ajouté, se disant persuadé que cette querelle n’aurait pas d’impact durable sur l’Alliance.
Il admet cependant que la façon de procéder de la Maison-Blanche laisse beaucoup à désirer. «Ils n’auraient pas dû l’annoncer de la manière dont ils l’ont fait», a-t-il expliqué.

La main lourde

Même dans une organisation que les Etats-Unis ont toujours traitée comme un instrument au service de leur diplomatie, la brutalité avec laquelle la Maison-Blanche a annoncé sa décision le 12 juin a, en effet, surpris.
Sur le plan de la méthode, l’incident rappelle la façon tout aussi peu diplomatique dont la Maison-Blanche avait fait savoir publiquement en juin 1996, par l’intermédiaire de la presse, qu’elle utiliserait si nécessaire son droit de veto pour empêcher l’Egyptien Boutros Boutros-Ghali de prolonger son mandat à la tête de l’ONU.
Il évoque aussi la manière dont Washington avait, fin 1995, mis un veto de fait à la candidature au poste de secrétaire général de l’OTAN du Néerlandais Ruud Lubbers, qui bénéficiait pourtant du soutien de pratiquement tous les autres membres. Dans les deux cas, les Etats-Unis avaient imposé leurs vues.
Mais ils ont eu la main tellement lourde cette fois-ci que même le chef de la diplomatie allemande, Klaus Kinkel, s’est permis de les critiquer, ce qui n’est pas banal.
Les responsables américains, qui s’attendaient apparemment à voir les Européens se plier à leur volonté, semblent surpris et préoccupés par la résistance qu’ils rencontrent.
Leur crainte est que le sommet de Madrid, dont ils veulent faire une célébration triomphale de la diplomatie américaine et de la politique de Bill Clinton, donne lieu à un déballage de ligne sale en public du plus mauvais effet.
D’où la décision de M. Clinton, afin d’apaiser ces tensions entre alliés, d’effectuer après le sommet de Madrid une brève visite en Roumanie.
La question est de savoir si les Canadiens, les Français, les Italiens et les autres s’en contenteront ou s’ils exigeront des Etats-Unis qu’ils lâchent encore plus de lest à Madrid. (AFP)
Le prochain sommet de Madrid de l’OTAN, placé sous le signe de l’ouverture à l’Est de l’organisation, devrait illustrer une fois de plus la volonté de domination quasiment sans partage des Etats-Unis.Mais la détermination des Américains à imposer leurs vues à leurs alliés, bien que traditionnelle, a ulcéré de nombreux membres de l’OTAN, menaçant de faire de ce sommet celui de la division, ce que même la Russie, malgré son opposition à l’élargissement, n’était pas parvenue à obtenir ces derniers mois.A quelques jours du sommet, les Etats-Unis campent sur leur position et continuent de vouloir limiter à trois — Hongrie, Pologne et République tchèque — le nombre des pays d’Europe centrale qui seront invités à Madrid à adhérer à l’OTAN, sans tenir compte du désir d’une majorité apparente de...