Les uniformes immaculés et les musiques militaires étaient de la partie à chaque étape symbolique du changement de souveraineté, dont le point d’orgue devait être à minuit, heure locale, (16h GMT) la lente montée du drapeau rouge à cinq étoiles de la République populaire de Chine sur le mât dressé dans le grand hall du Palais des Congrès.
En fin d’après-midi, peu après le départ du dernier gouverneur de Hong Kong, Chris Patten, de la résidence officielle où ont résidé les représentants de la couronne britannique depuis 1855, le président chinois Jiang Zemin arrivait à Hong Kong sous la pluie. Il était accueilli à l’aéroport de Hong Kong par celui qui, à minuit, doit devenir le premier chef de l’exécutif de la Région administrative spéciale (SAR) de Hong Kong, Tung Chee-hwa.
Le moment était historique: c’est la première fois que le plus haut dirigeant de la Chine venait à Hong Kong depuis que les Britanniques l’avaient occupé par la force en 1841, pendant la première «guerre de l’opium».
La cérémonie de rétrocession elle-même devait avoir lieu en présence du président chinois Jiang, du prince Charles, représentant de la reine Elisabeth, et de plusieurs centaines de hauts responsables politiques venus du monde entier, dont le premier ministre britannique Tony Blair et le secrétaire d’Etat américain, Madeleine Albright.
10.000 invités de marque participaient de leur côté en fin d’après midi à une imposante cérémonie d’adieux organisée par les Britanniques devant le port Victoria, au pied des gratte-ciel du centre-ville. A quelques dizaines de mètres était ancré le yatch royal «Britannia», à bord duquel le prince de Galles et Chris Patten quitteront pour la dernière fois leur colonie, peu après minuit.
La journée a été forte en émotions et en couleurs pour tous les acteurs d’un changement de souveraineté unique dans l’histoire. Pour les Chinois, il met fin à plus de 150 ans «d’humiliation». La Chine a toujours soutenu que les Britanniques avaient acquis Hong Kong en 1841 en imposant à une dynastie affaiblie des «traités inégaux». Pour les Britanniques, le départ de Hong Kong marque la fin de leur présence coloniale en Asie. Ils laissent derrière eux une capitale cosmopolite brillante dont le niveau de vie est parmi les plus élevés du monde.
Jusqu’au dernier moment, Britanniques et Chinois se seront livré à un véritable bras de fer sur les détails de ces journées de transition. Le président chinois devait cependant s’entretenir dans la soirée avec le prince de Galles et le premier ministre britannique, Tony Blair, qui a souhaité lundi à son arrivée à Hong Kong que la Grande-Bretagne et la Chine établissent des relations «fortes et durables».
De leur côté, les démocrates de Hong Kong, les grands perdants de la transition car ils doivent céder à minuit les sièges de l’Assemblée législative où ils ont été élus en 1995, pour être remplacés par une assemblée provisoire cooptée par Pékin, ont continué à dénoncer ce qu’ils estiment être le lâchage de Londres.
Trois de leurs membres sont entrés en fin d’après-midi dans le bâtiment du Conseil législatif, à quelques centaines de mètres de l’endroit où se déroulait la cérémonie des adieux britanniques, pour y préparer une dernière manifestation de protestation malgré les mises en garde qui leur ont été adressées par les futurs dirigeants de Hong Kong. (AFP)


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