«Les épidémies sont contrôlables, mais la peste persistera toujours. Même aux Etats-Unis, où trois à quatre Etats étaient concernés en 1950, elle ne cesse de gagner du terrain. Des cas sont maintenant signalés tout le long de la côté ouest et douze Etats sont touchés», a indiqué le Dr Elisabeth Carniel, spécialiste de cette maladie à l’Institut Pasteur de Paris et auprès de l’Organisation mondiale de la santé.
«Le plus inquiétant, c’est que la maladie réapparaît dans des pays — Inde, Zambie, Zimbabwe — qui étaient restés indemnes pendant des dizaines d’années», précise le Dr Carniel.
La peste est une zoonose, une maladie animale que l’homme a le privilège de partager, en cas de conditions de vie insalubres. «Lorsque les conditions économiques se dégradent, que les ordures envahissent les rues, que la surveillance sanitaire se relâche, ou quand les conditions climatiques changent, par exemple à la suite d’un séisme ou d’inondations qui bouleversent l’écosystème et détruisent l’habitat, les rongeurs se rapprochent des hommes, parce que leurs détritus sont devenus les garde-manger les plus accessibles», souligne le Dr Carniel.
Antibiotiques
Lors de cette promiscuité, la maladie passe alors du rat à l’homme par le biais d’une puce. Cette dernière pique d’abord le rongeur, «réservoir» du bacille, puis l’homme auquel elle transmet le germe de la peste, le bacille «Yersinia pestis», isolé pour la première fois en 1891.
L’homme peut aussi être infecté directement par le rat, par griffures, morsures, ou par un animal comestible infecté, lors de son dépeçage. Le bacille peut pénétrer dans l’organisme par des lésions cutanées mêmes infimes, ou à travers les muqueuses du nez ou de la gorge.
L’efficacité des vaccins est limitée et de courte durée mais la maladie se soigne, en cinq à sept jours, avec des antibiotiques. Les symptômes apparaissent une semaine environ après la rencontre avec le bacille. Les médicaments sont efficaces, s’ils sont employés sans retard et correctement. Non traité, le malade meurt en quelques jours d’infection généralisée.
L’enrayement de l’épidémie passe également par l’élimination des puces par projection d’insecticides. «Ce n’est qu’après leur disparition que la lutte contre les rats, de toute façon impossibles à éliminer totalement, doit être entreprise», soulignent les experts.
Commencer par dératiser — comme le Kazakhstan semble vouloir le faire — risque en fait d’accélérer la transmission. En effet, comme les puces se nourrissent de sang chaud, elles quittent rapidement l’hôte qui vient de mourir pour un autre, rat ou homme.(AFP)


À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir