Les autorités locales multiplient pourtant les mises en garde à la population contre ces aigrefins jamais à court d’imagination.
L’Arabie Séoudite demande à ses hommes d’affaires se rendant au Nigeria de se renseigner au préalable auprès de la Chambre de commerce et d’industrie séoudienne ou de l’ambassade du Nigeria sur la partie avec laquelle ils comptent effectuer leurs transactions.
Cette mesure préventive a amené le consulat du Nigeria à Djeddah à publier un communiqué pour assurer l’Arabie Séoudite et les autres pays du Golfe de «la détermination du gouvernement de Lagos à punir tout Nigérian impliqué dans ces opérations frauduleuses».
Le consulat mentionne notamment un type de fraude qui consiste à proposer par courrier des contrats prometteurs, toujours en demandant des «avances de paiement».
Une lettre frappée du sceau du ministère du Pétrole et envoyée de Lagos à un riche négociant à Ryad propose une cargaison de pétrole à bas prix.
«Mais le pétrolier ne peut quitter le Nigeria sans autorisation gouvernementale. Si vous voulez réaliser une affaire en or, versez 150.000 dollars pour régler les formalités administratives», disait la lettre dont l’expéditeur prétend occuper «un poste de responsabilité au ministère du Pétrole».
La lettre portait le numéro de matricule du pétrolier, celui de la police d’assurance et du compte bancaire où devait s’effectuer le virement.
En mai, la presse séoudienne avait signalé une autre lettre en circulation, portant la signature présumée d’un haut fonctionnaire de la Banque centrale du Nigeria. «Versez 74.000 dollars et gagnez 15 millions de dollars», disait la missive qui proposait un investissement dans «la relance économique au Nigeria».
Argent «béni»
«Certains escrocs se font maintenant passer pour des dirigeants d’une armée islamique de libération et demandent aux Séoudiens des dons aux musulmans opprimés», écrivait en mai le quotidien Al-Iqtissadiya.
A Dubaï, la police a annoncé l’arrestation d’un employé de banque, qui publiait dans la presse jordanienne des avis de recrutement pour les Emirats arabes unis. Les candidats étaient invités à envoyer diplômes, photographies et un chèque pour les frais d’inscription à une boîte postale à Dubaï.
Les pays du Golfe sont aussi un terrain fertile pour des charlatans, arabes ou africains, qui promettent à leurs victimes crédules de faire «accoucher» leur argent.
Les «magiciens», qui opèrent généralement par groupes de trois, persuadent leur victime que son argent peut «faire des petits» grâce au concours des génies.
La recette est simple: on demande à l’intéressé de placer dans une malette une somme donnée qui est mélangée avec un peu d’argent «béni». Le tout est recouvert d’un morceau de tissu et doit «couver» pendant quelques jours dans une chambre obscure et remplie de fumée d’encens, que le candidat à l’enrichissement doit quitter. A son retour, il ne retrouve plus rien.
Rien qu’aux Emirats, 21 affaires de ce genre ont été recensées en 1996, contre cinq en 1995, selon des chiffres de la police de Dubaï. Celle-ci a organisé en septembre dernier un stage pour lutter contre ce phénomène.
Mais la plupart des victimes, honteuses de leur naïveté, n’alertent pas la police. (AFP)


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