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Actualités - Interviews

Immigration Chevènement prône générosité et fermeté

Le ministre français de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement se prononce pour une politique d’immigration «généreuse mais ferme» et juge inutile la manifestation de volonté pour devenir français.
«Je suis convaincu qu’il y a place en France pour une politique d’immigration généreuse mais ferme, conforme à l’intérêt national», dit-il dans une interview au «Monde» sur les objectifs de la réforme législative qui sera présentée à l’automne au Parlement.
Se disant convaincu d’obtenir «le consentement d’une immense majorité» de Français, Jean-Pierre Chevènement estime que «la vocation mondiale de la France lui interdit de se barricader à l’intérieur de ses frontières».
Il affirme également que sa récente décision de régler le sort de plusieurs milliers de sans-papiers ne constitue pas un retour à la politique de régularisation massive engagée en 1981 mais une réponse à des «situations inextricables».
«Ni laxisme, ni repli frileux», explique-t-il.
Soulignant que «l’immigration zéro» n’a jamais existé, le ministre rappelle que 100.000 étrangers obtiennent chaque année le droit de vivre en France, ce qui lui paraît «normal, dans un pays à vocation mondiale».
Il estime néanmoins que le slogan «des papiers pour tous» n’a pas de sens dans le contexte économique actuel de la France, «avec ses cinq millions de chômeurs réels. L’immigration doit être maîtrisée», assure-t-il.

«Fausse
bonne idée»

Prié de dire si une telle politique peut être consensuelle, Jean-Pierre Chevènement répond qu’aucun «parti de l’arc républicain n’a intérêt à faire de la surenchère démagogique à propos de l’immigration» face au Front national.
Il qualifie ainsi de «gesticulations inutiles» les reconduites à la frontière par charter engagées par ses prédécesseurs RPR, Charles Pasqua et Jean-Louis Debré.
Comme le premier ministre Lionel Jospin, il se prononce pour la refonte du code de la nationalité, réformé en 1993 par la droite qui avait supprimé le droit du sol et imposé aux enfants d’immigrés de manifester leur volonté de devenir français.
Pour Jean-Pierre Chevènement, la manifestation de volonté est «une fausse bonne idée», «de la paperasse inutile» et une «source de discrimination». «L’essentiel, c’est la participation de ces jeunes nés de l’immigration à la vie nationale et démocratique, ce sont les mariages mixtes, c’est le rôle de l’école. Ce chantier-là est essentiel, c’est la refonte de la République», dit-il.
Le ministre de l’Intérieur prône donc une «politique nouvelle» d’intégration passant par l’éducation civique et des efforts dans le domaine de l’emploi.
Chargé des cultes, il préconise également le financement public des mosquées pour que l’islam rattrape le statut des autres religions et encourager un «islam français ouvert et moderne» «Je ne vois pas pourquoi une religion qui (...) a sa place à la table de la République, dès lors qu’elle respecte les lois, serait condamnée à s’exprimer éternellement dans des caves ou dans des garages», explique-t-il. (Reuter)
Le ministre français de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement se prononce pour une politique d’immigration «généreuse mais ferme» et juge inutile la manifestation de volonté pour devenir français.«Je suis convaincu qu’il y a place en France pour une politique d’immigration généreuse mais ferme, conforme à l’intérêt national», dit-il dans une interview au «Monde» sur les objectifs de la réforme législative qui sera présentée à l’automne au Parlement.Se disant convaincu d’obtenir «le consentement d’une immense majorité» de Français, Jean-Pierre Chevènement estime que «la vocation mondiale de la France lui interdit de se barricader à l’intérieur de ses frontières».Il affirme également que sa récente décision de régler le sort de plusieurs milliers de sans-papiers ne constitue pas un...