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Actualités - Chronologie

Une campagne à hauts risques

Constandina, la blonde candidate du Parti des droits de l’homme, garde en permanence trois Kalachnikov chez elle tandis que Gramos, le socialiste, tient meeting, protégé par un garde du corps en armes.
A Saranda, l’une des villes du Sud où a démarré en mars la rébellion contre le président Sali Berisha, la campagne pour les législatives de dimanche reste à haut risque.
Plusieurs personnes ont été tuées dans la région au cours des dernières semaines et on vient d’ériger sur la promenade en bord de mer, le buste en marbre d’un citoyen de Saranda, victime d’une balle perdue.
De temps en temps, des adolescents armés jusqu’aux dents tirent en l’air au pistolet mitrailleur, et il est fortement déconseillé de sortir après la tombée de la nuit, voire pendant la sieste de l’après-midi.
Il n’y a plus de police, plus d’autorités municipales, et même le comité de salut public créé après l’insurrection a disparu. La ville est livrée à elle-même, aux clans et aux mafias.
Malgré ce climat de tension permanente, Constandina Beziani a installé son QG sur la place principale, là où il y a quatre mois les insurgés avaient mis le feu au tribunal et au siège de la Shik, la police secrète.
Fille du seul industriel du Sud albanais, cette mère de famille de 37 ans est candidate du Parti des droits de l’homme, émanation de l’organisation Omania qui représente les Albanais d’origine grecque, chiffrés à environ 300.000 personnes par Athènes et à moins de 55.000 par Tirana.
«Je n’ai pas peur pour ma vie», affirme-t-elle, «je ne crains que Dieu». Pour mieux montrer son audace d’être la seule femme candidate dans tout le Sud, elle éclate d’un grand rire quand une rafale de Kalachnikov part d’une Mercedes qui traverse la place à toute allure.
Elle ne se fait guère d’illusion sur ses chances de devenir l’un des trois députés de la circonscription de Saranda-Delvino: «Il faudrait que les Albanais de souche grecque établis en Grèce reviennent voter», explique-t-elle.
Ancien secrétaire général du Parti socialiste albanais, Gramos Ruçi vient de rentrer d’Athènes pour être candidat. Il tient meeting devant 200 personnes, réunies au café Joni. Un géant armé d’une Kalachnikov est posté sur un échafaudage pour surveiller la foule.
Constandina, la blonde candidate du Parti des droits de l’homme, garde en permanence trois Kalachnikov chez elle tandis que Gramos, le socialiste, tient meeting, protégé par un garde du corps en armes.A Saranda, l’une des villes du Sud où a démarré en mars la rébellion contre le président Sali Berisha, la campagne pour les législatives de dimanche reste à haut risque.Plusieurs personnes ont été tuées dans la région au cours des dernières semaines et on vient d’ériger sur la promenade en bord de mer, le buste en marbre d’un citoyen de Saranda, victime d’une balle perdue.De temps en temps, des adolescents armés jusqu’aux dents tirent en l’air au pistolet mitrailleur, et il est fortement déconseillé de sortir après la tombée de la nuit, voire pendant la sieste de l’après-midi.Il n’y a plus de police,...