Né le 11 juin 1910 à Saint-André de Cubzac, dans le Bordelais, Cousteau a passé son enfance à Paris et New York avant d’étudier à l’Ecole navale de Brest. Sorti officier de marine en 1930, il le restera jusqu’en 1950, hormis pendant les années de guerre qu’il passera aux côtés de la Résistance.
Bien qu’il ait dit préférer éblouir qu’instruire, Jacques-Yves Cousteau a aussi contribué à la mise au point d’un scaphandre autonome et d’une caméra sous-marine spéciale. Grâ-ce à ces nouveaux outils, il peut assouvir une passion qui deviendra à terme une entreprise très rentable.
En 1951, il entame ses recherches océanographi-ques à bord de la Calypso, un ex-dragueur de mines britannique.
C’est le début d’une longue série d’expéditions au travers des mers, qui conduisent Cousteau du Golfe persique à Porto Rico, de l’océan Indien aux Galapagos.
A Cannes, son film «Le Monde du silence», réalisé avec l’aide notamment de Louis Malle, obtient la Palme d’Or en 1956.
A partir de 1985, il expérimente un «bateau à vent», «Alcyone» (fille du dieu des vents Eole, dans la mythologie grecque), appelé à remplacer une «Calypso» en fin de carrière. Dédaignant le carburant classique, Cousteau choisit une technique écologique et novatrice en matière de marine.
Infatigable auteur de films et d’ouvrages, il a reçu la consécration du monde du cinéma et de celui de la littérature. Trois Oscars lui sont décernés à Hollywood.
En novembre 1988, il est élu à l’Académie française.
A la fin des années 1980, les sondages montrent qu’il est l’homme le plus populaire de France.
La croisade de Cousteau ne s’arrête pas à l’exploration des océans. Soutenant les «Verts» aux élections législatives de 1978 et de 1981, puis aux élections européennes de 1984, il lance régulièrement des mises en garde contre les catastrophes écologiques qui menacent, selon lui, l’humanité.
Croisade en faveur de la protection de l’Antarctique, contre la transformation de la Méditerranée en poubelle, contre la chasse aux baleines... En 1978, il consacre 900.000 dollars au financement d’une étude sur les déchets toxiques en Méditerranée. Le musée océanographique de Monaco, qu’il a dirigé de 1957 à 1988, montre, photos à l’appui, la progression de la pollution en Méditerranée et la désertion de la faune marine.
Caméra-stylo
Pour populariser son action, il crée aux Etats-Unis, en 1974, la Cousteau Society, forte d’environ 200.000 membres. En France, la Fondation Cousteau regroupe plusieurs dizaines de milliers de membres.
Au-delà de la protection de l’environnement, il se fait le porte-parole des générations futures et intervient parfois là où on ne l’attend pas, comme la violence à la télévision, au risque d’être taxé de «moralisateur».
«La télévision est pour moi une passion (…) parce que je filme depuis l’âge de 13 ans et que je ne me suis jamais arrêté. La caméra est mon stylo et je tourne comme on rédige une sorte de journal de bord», déclarait-il.
Omniprésent, il lance une campagne écologique d’un type nouveau en 1985 en s’attaquant au fléau de la drogue. «C’est de l’écologie humaine», explique-t-il à la télévision.
On le voit aussi, en 1989, réclamer l’interdiction des «Crados», ces vignettes «dégueu» dont raffolent les écoliers.
En septembre 1995, après le premier des six essais nucléaires de l’ultime série décidée par le président Jacques Chirac à Mururoa, en Polynésie française, Jacques-Yves Cousteau a estimé que le chef de l’Etat s’était «trompé» et risquait de relancer la prolifération des armes nucléaires, tout en affirmant que ces tirs étaient «propres» et ne dégageaient aucune pollution radioactive. Il avait effectué quelques années auparavant une mission d’étude sur l’atoll.
La fin de sa vie aura été assombrie par la mort accidentelle de son fils Philippe en 1979, l’échec commercial du parc Cousteau ouvert au Forum des Halles à Paris, et par une querelle juridique avec son autre fils, Jean-Michel, sur l’utilisation du nom «Cousteau», devenu une valeur commerciale mondiale.
L’explorateur et sa société ont porté plainte contre Jean-Michel Cousteau en septembre 1995 pour pratiques commerciales déloyales et usage non-autorisé d’un nom déposé.
En juin 1996, le fils acceptait finalement d’ajouter son prénom au centre de loisirs «Cousteau» qu’il créait sur les îles Fidji, afin d’éviter toute confusion.
L’une des dernières réalisations de son équipe est un film sur le lac Baïkal en Russie, en mars dernier. (Reuter)


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