L’Armée de libération populaire chinoise enverra 509 soldats à Hong Kong dès 21 heures, le 30 juin, pour y prendre position avant la rétrocession officielle de la colonie britannique, à minuit.
Les troupes partiront de Shenzhen, la «zone économique spéciale» en plein développement, qui fait face au territoire. Ils suivront une route dont l’accès est réglementé mais dont l’importance du trafic ne laisse aucun doute sur les liens économiques qui unissent déjà le Sud de la Chine et Hong Kong, et cela depuis des années.
Une balade en voiture, dans la rue principale de Shenzhen révélait une ville fin prête pour les festivités de la rétrocession, avec ses lanternes rouges en papier qui dansaient au vent tout au long des trottoirs. Au poste de douane, en bordure de la ville, des ouvriers s’affairaient encore, à la nuit tombée, pour accrocher les dernières décorations.
Shenzhen, passé en une génération de ses modestes maisons paysannes aux gratte-ciel illuminés, n’a pas à se plaindre de sa proximité avec Hong Kong. Aujourd’hui, ses trois millions d’habitants semblent plus préoccupés par les aléas du marché boursier local que par la rétrocession.
Sur ce sujet, un boursier de Shenzhen ne parle que des congés exceptionnels que les festivités lui permettront de prendre.
Les douaniers de Hong Kong sont gênés et esquivent la réponse quand on leur demande s’ils vérifieront les papiers des soldats chinois qui passeront la frontière, le soir de la rétrocession.
Ces soldats ont été autorisés à emporter avec eux pistolets et fusils qu’ils entreposeront dans les casernes évacuées par les troupes britanniques.
Au sommet d’une colline qui surplombe la frontière, la police de Hong Kong continue de monter la garde contre les immigrants clandestins. Même lorsqu’il y aura «un pays, deux systèmes», la police des frontières restera en place et Hong Kong sera toujours un territoire à part, pour encore cinquante ans. (Reuter).


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