Cet Américain est «en état d’arrestation», a déclaré au cours d’une conférence de presse à Téhéran le chef du pouvoir judiciaire, Mohammad Yazdi.
L’ayatollah Yazdi, la plus haute autorité judiciaire du pays, n’a donné aucune précision sur la date et le lieu de l’arrestation, ni sur l’identité de l’Américain arrêté.
Il a précisé qu’au total 300 ressortissants étrangers, principalement irakiens, tanzaniens, pakistanais et bangladeshis, étaient détenus en Iran pour entrée illégale sur le territoire, pour trafic de drogue ou d’armes. Mais il s’agit du «seul Américain détenu» en Iran, a-t-il noté.
Selon une source judiciaire iranienne, le ressortissant américain est un membre de la communauté noire musulmane des Etats-Unis, arrêté alors qu’il venait du Pakistan et «se trouvait déjà sur le sol iranien».
De même source, on a précisé qu’il avait été interpellé par les forces de l’ordre iraniennes «il y a plusieurs mois».
La Suisse, qui représente les intérêts des Etats-Unis en Iran, a confirmé l’arrestation de l’Américain. «Nous nous occupons de ce cas activement» à la demande des Etats-Unis, a déclaré un responsable du ministère des Affaires étrangères à Berne.
Les responsables suisses n’ont pas voulu dire quelles démarches précisément avaient été entreprises. «La discrétion peut aider» à résoudre le cas au mieux des intérêts de la personne arrêtée, a-t-on ajouté.
L’Iran et les Etats-Unis n’entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1979.
En 1992, les autorités judiciaires avaient annoncé l’arrestation d’un autre Américain, Milton Meyer, pour «espionnage». M. Meyer, dont le sort n’a jamais été élucidé, était accusé notamment de «contacts avec des agents de renseignements étrangers et de création illégale de plusieurs sociétés commerciales».
M. Meyer était le beau-frère du général Nassiri, un ancien responsable de la SAVAK, la police secrète du régime du Chah. Nassiri fut exécuté au lendemain de la révolution islamique de 1979 en Iran.
Le procès ou éventuellement la libération de cet Américain n’ont jamais été annoncés par la justice iranienne.
L’Iran et les Etats-Unis sont à couteaux tirés depuis la révolution islamique de 1979, qui a renversé le régime impérial du Chah, dont les Etats-Unis étaient le principal soutien.
Washington a décrété il y a deux ans un embargo total contre l’Iran, accusé de soutenir le terrorisme international, de chercher à saper le processus de paix au Moyen-Orient et de vouloir se doter de l’arme nucléaire.
Les Etats-Unis ont renforcé en août 1996 leur pression sur Téhéran avec la loi d’Amato, qui vise à sanctionner toute entreprise étrangère investissant dans les secteurs pétrolier et gazier de l’Iran, principale source de revenus du pays.
Toutes les tentatives de normalisation entre Washington et Téhéran ayant échoué jusqu’ici, les Etats-Unis demeurent depuis 18 ans pour le régime de Téhéran l’adversaire principal de la République islamique et le clergé au pouvoir, et sont qualifiés sans relâche de «grand Satan» et «d’oppresseur». (AFP)


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