En effet, la Communauté internationale est divisée sur l’opportunité de lancer une nouvelle convention alors que celles qui existent ont déjà beaucoup de mal à déboucher sur des actions concrètes même lorsqu’il s’agit des changements climatiques.
Déjà à Rio, les 108 chefs d’Etat et de gouvernement présents avaient éludé la question. Ils s’étaient contentés d’une «déclaration de principes sur les forêts». Cette déclaration était pourtant un des trois accords majeurs du premier Sommet de la Terre. Elle se définissait comme «un document d’orientation pour une gestion écologiquement viable des forêts du monde».
Un Comité intergouvernemental sur les forêts (IPF) a été créé en 1995.
Logiquement, les travaux de ce comité auraient dû déboucher sur une convention, du même type que celle sur le climat, la biodiversité ou la désertification, cette dernière ayant été créée après Rio.
Mais on est loin d’un consensus à la veille du deuxième sommet. Le Canada, l’Union européenne, la Russie et plusieurs Etats du Sud-Est asiatique sont favorables à la convention.
Mais les Etats-Unis et l’Inde sont notamment hostiles. Aux Etats-Unis, 70% des forêts appartiennent au secteur privé, alors que l’Inde ne veut pas empêcher ses nombreux pauvres d’utiliser les ressources de la forêt.
Le Brésil «n’y est pas opposé» tandis que la Suisse et le Japon veulent disposer de plus de temps pour négocier le texte.
Quant aux ONG de défense de l’environnement elles n’y sont pas spécialement favorables. Elles craignent que cette convention ne subisse une trop grande influence de certains gouvernements et de l’industrie du bois.
Selon le Fonds mondial pour la nature (WWF), la forêt mondiale est menacée de disparaître dans les 50 ans à venir si la Communauté internationale n’agit pas rapidement. Cinq ans après Rio, regrette le WWF, «aucune mesure n’a encore été prise pour stopper la destruction des forêts naturelles dans le monde».
«Si la surexploitation se poursuit à la vitesse actuelle, la plus grande partie des trois milliards d’hectares de forêts qui couvrent encore un tiers des terres de la planète auront disparu vers 2040, provoquant une disparition accélérée des espèces», selon le WWF (AFP).


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