Cette campagne, organisée par le ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, va se dérouler durant deux semaines dans diverses régions du Nord, du Centre et du Sud, où de nombreux investissements sont réalisés par des émigrés qui renvoient de l’argent au pays pour faire «vivre la famille», et réaliser des écoles, des dispensaires ou des mosquées.
Animée par un groupe de fonctionnaires et de journalistes spécialement formés, cette campagne, appuyée par l’Union européenne et le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP), a pour but de dissuader les nombreux candidats à l’émigration. Elle se fonde sur les changements qui sont intervenus dans l’accueil des étrangers aussi bien en Afrique qu’en Europe.
Les animateurs, précise-t-on au ministère des Affaires étrangères, insisteront auprès des responsables «d’associations-relais», représentant les Sénégalais de l’extérieur et chargés d’amplifier le message, sur le «climat d’insécurité» qui prévaut désormais dans de nombreux pays d’émigration: expulsions massives, insécurité permanente, difficulté d’obtenir des visas, xénophobie, tracasseries administratives et policières.
Cette précarité a été illustrée ces dernières années par des expulsions massives d’émigrés ouest-africains, notamment sénégalais, qui ont tout perdu après avoir dû quitter des pays comme la Zambie, le Cameroun, le Burundi, l’Angola et tout récemment encore, la Sierra Leone.
Les animateurs feront valoir par contre la possibilité de mettre en valeur les potentialités locales dans le cadre de la politique de régionalisation entrée en vigueur au Sénégal au début de l’année et soutenue par les bailleurs de fonds internationaux.
«Il s’agit d’une démarche difficile, qui n’est pas gagnée d’avance, admet Hyacinthe Bob, coordinateur de l’opération. Mais le message est clair: la situation des émigrés est devenue précaire, sinon périlleuse. La seule solution consiste à les empêcher de partir en assurant un développement durable à la base».


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