Diplômé de l’école nationale d’administration (ENA), M. Ouyahia fut directeur de cabinet du président Zéroual en 1994, avant d’être nommé à la tête du gouvernement en janvier 1996, après l’élection de son «patron».
Il passe pour être très écouté du chef de l’Etat, qui l’a crédité des succès enregistrés sur le plan économique.
Il vient d’être élu député à Alger, où il était tête de liste du parti présidentiel, le Rassemblement national démocratique (RND).
Né à Bouadnane, en Kabylie, M. Ouyahia avait débuté sa carrière comme diplomate. Il fut notamment affecté à l’ambassade d’Algérie à Abidjan (1981-1984), puis à la mission permanente de l’Algérie auprès de l’ONU (1984-1989), où il fut représentant adjoint.
Il a été aussi secrétaire d’Etat à la coopération et aux affaires maghrébines durant le gouvernement Redha Malek (1993).
Depuis 1996, il s’est attelé à la consolidation d’un programme d’austérité soutenu par le FMI qui a notamment permis le retour de la croissance, la maîtrise de l’inflation et la reconstitution des réserves de change. Il plaide inlassablement pour un engagement accru des investisseurs étrangers.
Ces bons résultats apparaissent cependant fragiles, et ont été en partie obtenus grâce à un prix soutenu du pétrole et une récolte de céréales record en 1996. En revanche, les privatisations piétinent, la production industrielle continue à s’effondrer et un rapport officiel a relevé une paupérisation alarmante de larges couches de la population.
Cette politique et sa décision de «ponctionner» les salariés l’ont rendu très impopulaire dans les milieux les plus défavorisés, comme dans les classes moyennes. Mais M. Ouyahia, discret sur la scène nationale, explique refuser la «démagogie» et affirme qu’il n’y a qu’une seule voie de redressement pour l’Algérie.
Il fut aussi critiqué pour avoir lancé la formule du «terrorisme résiduel» et pour la mise en cause et l’arrestation de plusieurs milliers de cadres dans le cadre d’un programme anti-corruption. Certains de ses adversaires ont dénoncé des «règlements de comptes».
Durant la campagne pour les législatives, M. Ouyahia a gardé la voie, refusant de «faire des promesses» et prévenant les Algériens qu’il faudrait s’attendre à de nouveaux «sacrifices».


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