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Actualités - Chronologie

Ski Luc Alphand se retire en pleine gloire

PARIS, 22 Juin (Reuter) — Eternel espoir devenu meilleur skieur du monde, Luc Alphand vient de tirer sa révérence comme il l’avait rêvé: au sommet de sa gloire.
A l’issue d’une saison spectaculaire qui le vit remporter un classement général de Coupe du monde inespéré, ainsi qu’un troisième titre en descente et une première consécration en Super-G, il a décidé de ne plus tenter le diable malgré la perspective des jeux olympiques, en février 1998, à Nagano.
Car, à près de 32 ans dont treize passés dans l’anonymat du circuit, Alphand, l’ancien poissard habitué des chambres d’hôpital, connaît le «caractère aléatoire» du ski et de la réussite.
Comment en effet aurait-il pu imaginer ses trois années de succès, lui dont la carrière et la vie tinrent du miracle permanent? Cloué durant de précieuses années par des blessures plus graves les unes que les autres, il dut attendre l’âge — avancé pour un skieur — de 29 ans pour voir triompher sa patience et son abnégation.
Entamée en trombe par un titre de champion du monde juniors en 1983, poursuivie dans l’ombre de Franck Piccard au sein du fameux quatuor des «Top Guns» avec Jean-Luc Crétier et Denis Roy, sa carrière ne cessa ensuite d’être interrompue.
La liste de ses victoires n’égalera sans doute jamais la litanie de ses misères: blessé plus ou moins sérieusement au bassin, à la cuisse, à la cheville, aux vertèbres, au poignet, à l’épaule entre 1987 et 1991, il s’écartèle sur la piste de Garmisch en 1992, se déchirant tous les ligaments pubiens.
«La descente ne me fait pas peur, continue-t-il à affirmer à l’époque. La roue tourne vite. Une blessure est vite arrivée et je n’ai pas envie de connaître ça à nouveau», avoue-t-il aujourd’hui.
En 1993, une semaine après des championnats du monde encourageants mais terriblement frustrants à cause de ce podium manqué pour un centième en descente, il se déchire les ligaments du genou à Whistler Mountain.
En larmes sur son lit d’hôpital, Alphand est prêt à jeter l’éponge. «l’en ai assez, j’arrête». Son retour à l’automne 1993 est déjà un petit miracle: «La petite flamme s’est rallumée» dira-t-il.
Cet hiver-là, il redécouvre le plaisir de skier sans se faire mal sur un matériel que beaucoup jugent comme le meilleur du circuit. Il rempile encore l’année suivante, malgré l’âge, les classements toujours décevants de la proche naissance d’Estolle.
C’est à Kitzbühel, terrifiant paradis des descendeurs, que la chance choisit son camp pour la première fois. Le 14 janvier 1995, trois mois après avoir cru tenir sa première victoire à Val d’Isère et se l’être fait chiper par l’Autrichien Josef Strobl, dossard 61, Alphand s’impose deux fois dans la même journée sur la streif, dont le seul nom inspire la crainte et le respect.
«La seul différence entre l’Alphand d’aujourd’hui et celui d’il y a deux ans, ce sont les blessures. Depuis deux ans, elles m’épargnent», tente-t-il alors d’expliquer à ceux qui s’interrogent sur les capacités d’un outsider à mater ainsi à deux reprises la piste la plus redoutée du circuit.
«L’après-14 janvier» est une suite de revanches. A la fin de la saison 1995, comme en 1996 et 1997, le descendeur de Serre chevalier s’adjuge la Coupe du monde de descente.
Il gagne enfin devant son public, pour la première et dernière fois, à Val d’Isère, en décembre 1995, dompte trois fois la piste de Garmisch qui l’a tant meurtri. Il s’impose dans toutes les classiques, excepté celle de Wengen, pour porter son bilan à douze courses gagnées, dont dix descentes et deux Super-G et six pour la seule saison 96-97.
Le scénario est trop beau. En février 1997, favori reconnu même par ses adversaires, il chute dans la descente des championnats du monde de Sestrières, un an après n’avoir ramené «que» le bronze de ceux de Sierra Nevada.
Il ne sera jamais champion du monde, ni olympique. «C’est un petit regret, mais ce n’est pas un drame», philosophe-t-il.
Paradoxalement, les derniers jours de sa carrière ont été les plus durs. A Vail (Colorado), alors qu’il assistait en spectateur aux défaillances de son rival norvégien kjetill-Andre Aamodt dans la lutte pour le classement général de la Coupe du monde , puis à son triomphe inespéré, Luc Alphand a mesuré la rançon de la gloire.
«J’ai envie de calme, dit-il, j’ai envie de passer du temps à la maison. Je n’ai pas fait des enfants pour les laisser grandir tout seul». C’est déjà une raison amplement suffisante pour partir sans regret.
PARIS, 22 Juin (Reuter) — Eternel espoir devenu meilleur skieur du monde, Luc Alphand vient de tirer sa révérence comme il l’avait rêvé: au sommet de sa gloire.A l’issue d’une saison spectaculaire qui le vit remporter un classement général de Coupe du monde inespéré, ainsi qu’un troisième titre en descente et une première consécration en Super-G, il a décidé de ne plus tenter le diable malgré la perspective des jeux olympiques, en février 1998, à Nagano.Car, à près de 32 ans dont treize passés dans l’anonymat du circuit, Alphand, l’ancien poissard habitué des chambres d’hôpital, connaît le «caractère aléatoire» du ski et de la réussite.Comment en effet aurait-il pu imaginer ses trois années de succès, lui dont la carrière et la vie tinrent du miracle permanent? Cloué durant de précieuses...