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Actualités - Chronologie

Le retour de Hong-Kong changera aussi la Chine

PEKIN, 22 Juin (AFP). — La Chine a promis à Hong-Kong 50 ans sans changements, mais beaucoup de Chinois et d’étrangers se demandent si elle pourra rester elle-même après avoir «digéré» la seconde place financière asiatique.
Les interrogations portent principalement sur les influences économiques, culturelles et politiques qu’entraînera à terme la rétrocession de la colonie britannique le 1er juillet.
Elles concernent également une éventuelle redistribution des cartes entre régions chinoises, au grand dam de la province du Guangdong qui tirait sa force de sa proximité avec Hong-Kong mais qui pourrait devenir l’«arrière-pays» de la future région administrative spéciale (SAR).
Selon Ren Zhenqiang, chef de la section internationale du «Quotidien de l’Economie», «le retour de Hong-Kong donnera une forte impulsion aux investissements en Chine, ainsi qu’aux relations entre Pékin et Washington, car il y a à Hong-Kong beaucoup d’intérêts américains».
Ce point de vue foncièrement optimiste coïncide avec celui de l’attaché commercial d’une ambassade européenne. «Le retour de Hong-Kong devrait permettre à la Chine de brasser davantage de capitaux, par investissement direct», affirme le diplomate.
Zhang Xiaojin, professeur de politique internationale de l’Université du peuple, de Pékin, prévoit une accélération dans l’établissement d’un système légal en Chine, «une tâche de toute urgence», dit-il, pour éviter des télescopages dans le domaine du droit international des affaires.
Il croit de même à une pénétration progressive des médias hongkongais en Chine, «à condition qu’ils ne s’en prennent pas directement au gouvernement central».
Les cinéastes ne s’attendent pas de leur côté à un relâchement des contrôles politiques qui font du cinéma un investissement à haut risque.
«Il n’y a aucun signe en ce sens. Il y aura par contre beaucoup de producteurs hongkongais prêts à investir davantage dans les feuilletons télévisés», a déclaré Lu Ye, Caméra d’or au festival international de Cannes 1995 (pour «Shanghai Triades» de Zhang Yimou).
Pour le chercheur en histoire des sciences Xu Liangying, militant actif en faveur des droits de l’homme, avec la rétrocession de Hong-Kong, une nouvelle porte se fermera pour l’expression des voix dissidentes en Chine.
«Jusqu’ici, les dissidents pouvaient faire connaître leurs opinions dans des journaux et des magazines de Hong-Kong. Après le 1er juillet, ils n’auront plus cette possibilité», dit M. Xu, 77 ans.
Ce ne seront pas seulement les dissidents, mais aussi les cadres du Guangdong qui aiment «se dépayser» dans la colonie, qui perdront une opportunité, estime un sociologue pékinois, préférant garder l’anonymat.
«Beaucoup de dirigeants allaient s’éclater, dépenser leur argent et rendre visite aux prostituées la durée d’un week-end, en toute impunité. Mais désormais, Hong-Kong sera la Chine, et la police de Hong-Kong sera la police chinoise», a-t-il dit.
C’est tout le Guangdong, selon une ancienne banquière occidentale, qui pourrait perdre ses «avantages naturels» avec la rétrocession de la colonie.
«Il y aura à Hong-Kong beaucoup de représentants directs de Pékin, et cela n’arrange pas les gens du Guangdong, qui craignent une ‘mandarinisation’ du territoire», affirme-t-elle.
«Les gens du Guangdong craignent en outre que les investissements de Hong-Kong commencent à s’orienter davantage vers Shanghai», ajoute l’ex-banquière.
Toutes ces préoccupations semblent lointaines au Chinois moyen. «Pour nous, il n’y aura aucun changement, et tout le matraquage publicitaire sur le thème de Hong-Kong ne servira qu’à escamoter les problèmes sociaux», affirme le patron d’un petit restaurant près de la place Tiananmen.
PEKIN, 22 Juin (AFP). — La Chine a promis à Hong-Kong 50 ans sans changements, mais beaucoup de Chinois et d’étrangers se demandent si elle pourra rester elle-même après avoir «digéré» la seconde place financière asiatique.Les interrogations portent principalement sur les influences économiques, culturelles et politiques qu’entraînera à terme la rétrocession de la colonie britannique le 1er juillet.Elles concernent également une éventuelle redistribution des cartes entre régions chinoises, au grand dam de la province du Guangdong qui tirait sa force de sa proximité avec Hong-Kong mais qui pourrait devenir l’«arrière-pays» de la future région administrative spéciale (SAR).Selon Ren Zhenqiang, chef de la section internationale du «Quotidien de l’Economie», «le retour de Hong-Kong donnera une forte...