«La peste va surgir à n’importe quel moment, le seuil d’alerte a été dépassé», a affirmé Léonid Bourdélov, spécialiste à l’Institut de la peste et de sa chaîne de transmission jusqu’à l’homme.
M. Bourdélov ne connaît pas à ce jour de cas de peste à Almaty. Mais il affirme que l’augmentation phénoménale de rats fait que ce n’est plus qu’une question de temps.
«Je ne serais pas étonné qu’il y ait un premier cas de contamination humaine d’ici la fin de cette année».
M. Bourdélov a estimé à des centaines de milliers le nombre de rats à Almaty. La presse de cette ancienne république soviétique parle même de 1,7 million de ces rongeurs gris — extrêmement sensibles à la peste dont ils développent très vite une forme aiguë. Soit un rat par habitant dans la capitale.
Ces derniers peuvent témoigner de visu de la croissance exponentielle du nombre de rats, qui fourmillent dans presque tous les sous-sols d’immeubles et sortent dans les rues à la nuit tombée.
«Il y a toujours eu au Kazakhstan des foyers de peste, dans des zones au nord d’Almaty», indique M. Bourdélov. Mais c’est seulement récemment qu’est apparu un élément fondamental dans la transmission de l’épidémie: des rats qui vagabondent dans les terriers — foyer habituel des puces qui véhiculent la maladie — sans pour autant éviter l’homme, dont ils hantent les lieux d’habitation en quête de nourriture.
Ainsi, en 1996, selon M. Bourdélov, la progression du nombre de rats a fait que 158 villages au nord d’Almaty étaient directement exposés à la maladie, contre 149 en 1995 et 76 en 1990.
La dératisation est la seule solution pour combattre cette menace mais elle est coûteuse et les résultats ne sont pas garantis.
e.


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