«Le monde est devenu moins romantique, plus dur et, finalement, plus matériel. Que de tentations! On veut tout, tout de suite. Beaucoup choisissent ce qui leur semble la voie rapide: des gens jeunes et énergiques abandonnent leurs études et vont là où, croient-ils, ils pourront gagner plus d’argent», a dit le chef de l’Etat dans une allocution radiophonique enregistrée la veille avant son départ pour Denver.
Avec leurs bourses mensuelles de 76.000 roubles (13 dollars) en moyenne — lorsqu’ils les perçoivent —, les étudiants ne peuvent guère joindre les deux bouts et se font généralement embaucher comme vendeurs dans l’un de ces petits kiosques regorgeant de produits de consommation courante qui fleurissent depuis cinq ans dans les rues des grandes villes du pays.
Pour Boris Eltsine, ceux-ci ne sont pas une panacée.
«(Ils) sont devenus le symbole de la nouvelle génération. Les jeunes ont l’illusion qu’ils peuvent vivre en ne connaissant que deux opérations d’arithmétique. C’est contre ça que je m’insurge!».
«L’argent vient bientôt à manquer et on n’a ni réelles connaissances, ni profession. Un pas de plus et on se retrouve de l’autre côté de la loi».
Rejetant par avance les «reproches» que les adolescents pourraient être tentés d’adresser aux responsables du pays, le chef du Kremlin assure que sa génération n’a été guère mieux lotie et qu’elle a dû, dans sa jeunesse, «décharger des wagons la nuit» pour agrémenter ses fins de mois.
Entrevoyant un «boom» économique pour la Russie, il souhaite que la jeunesse d’aujourd’hui «gagne sa vie avec sa tête».
«Si vous avez la possibilité d’étudier à l’étranger, allez-y. Mais rappelez-vous, la Russie vous attend», a-t-il dit.
«Votre pays est l’un des plus prometteurs au monde pour les gens jeunes énergiques et instruits».


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