Dans une résolution adoptée à main levée par les trois quarts des 13.000 délégués réunis à Dallas (Texas) pour leur convention bisannuelle, les Baptistes du sud ont demandé à leurs fidèles de «s’abstenir d’être client de la société Disney».
«Nous sommes très fiers de la marque Disney», a rétorqué un porte-parole du groupe de loisirs, Ken Green, avant même l’adoption prévue de cette motion. «Nous créons davantage de loisirs familiaux que n’importe qui au monde».
En juin 1996, les Baptistes du sud avaient amendé une résolution similaire et finalement décidé de placer Disney sous surveillance durant un an.
«Allons-nous voir maintenant Mickey quitter Minnie pour aller vivre avec Donald?», avait alors demandé le pasteur Richard Lang, un des responsables protestants.
«Non seulement la société Disney n’a pas tenu compte de nos préoccupations, mais elle continue sans hésitation à se livrer à des entorses à la morale dans ses pratiques et ses productions», selon le texte de la résolution adoptée hier.
Les Baptistes du sud s’étaient montrés particulièrement choqués l’an dernier par la décision de Disney d’accorder les mêmes bénéfices sociaux aux partenaires de ses employés homosexuels qu’aux conjoints légaux de ses salariés hétérosexuels, politique qui devient la norme aux Etats-Unis.
Le groupe Disney a été ces dernières années la cible de campagnes organisées par les Américains d’origine arabe, qui reprochaient au dessin animé «Aladin» de renforcer les clichés racistes, et par des groupes hispaniques, qui l’accusent de discrimination à l’emploi.
Ces appels au boycottage semblent avoir peu d’impact sur Disney, dont le résultat pour les activités parc de loisirs, cinéma et vidéo ont augmenté de 63% au premier trimestre de l’année.


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