Pour cette 47e édition, qui espère bien draîner ses quelque 150.000 amateurs et professionnels habituels, une soixantaine d’artistes représenteront 41 pays.
Parmi les nations représentées, une trentaine, dont la Russie, disposent de pavillons nationaux installés dans les Giardini, un site exceptionnel au bord de la Lagune. Les dix autres pays présents sans pavillon exposeront leurs artistes dans divers lieux de Venise.
Le propos du commissaire général de cette Biennale, le Gênois Germano Celant, critique d’art de renom, promoteur de l’«Arte Povera» dans les années soixante, est de regrouper des artistes représentant les trois générations des trente dernières années (60-70, 70-80, 80-90).
Contrairement aux autres Biennales dans lesquelles le langage de l’art du «passé» était traité par une exposition à caractère historique et l’art du «présent» comme une «arène du contemporain», Germano Celant propose de mettre en perspective le passé, le présent et le futur sans ordre chronologique.
«Il s’agit de s’inscrire dans une dialectique de continuité-discontinuité des événements artistiques. Aussi bien, ce n’est pas la différence de génération entre les artistes qui permettra d’appréhender les œuvres, mais plutôt ce que celles-ci ont pu apporter individuellement au langage de l’art».
Lions de carrière
Parmi les artistes consacrés dans un pavillon figurent notamment: Fabrice Hybert pour la France, Rachel Witerhead pour la Grande-Bretagne, Gerhard Merz et Katharina Sieverding pour l’Allemagne, Rodney Graham pour le Canada, Thierry de Cordier pour la Belgique, Robert Colescott pour les Etats-Unis, Rei Nato pour le Japon, Vitaly Komar et Alexander Melamid pour la Russie, Helmut Federlé et Urs Frei pour la Suisse, Joan Brossa et Carmen Calvo pour l’Espagne ou Paulo Herkenhoff pour le Brésil.
Parmi les expositions patronnées par la Biennale figurent celles d’Anselm Kiefer (Museo Correr), des travaux en verre d’Erik Dietman (Couvent San Appolonia), des Artistes pour Sarajevo (Fondation Querini Stampalia) ou de Dennis Oppenheim (Marghera).
M. Celant a annoncé récemment que la Biennale comptait parmi ses invités Roy Lichtenstein ou Claes Oldenburg ainsi que certains artistes qui n’étaient jamais venus à Venise, comme Brice Marden ou Richard Artschwager.
L’ouverture de la Biennale sera précédée de trois journées professionnelles, tandis que la remise des Lions d’or aura lieu le jour de l’inauguration officielle.
Pour la première fois dans l’histoire de la Biennale, deux «Lions d’Or de carrière» seront décernés. L’un couronnera la carrière d’un artiste, l’autre l’exposition d’un artiste.
Un Lion 2000 sera remis à un jeune artiste de moins de quarante ans et quatre mentions d’honneur seront attribuées.
La Biennale de Venise compte parmi les trois grand-messes de l’art contemporain qui seront célébrées au début de l’été, avec la Documenta de Kassel et la Biennale de Lyon, qui s’étoffe un peu plus à chaque édition.


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