Après que le rocher sera redevenu une partie du territoire chinois, la frontière conduisant à l’ancienne colonie sera au moins aussi hermétique aux citoyens chinois qu’elle ne l’était du temps de la présence britannique.
Mais cette réalité risque d’échapper totalement aux millions de paysans incultes et le gouvernement chinois, conscient du danger, est déterminé à ne prendre aucun risque.
Selon la presse de Hong-Kong, les autorités ont mobilisé 40.000 policiers et soldats pour patrouiller 24 heures sur 24 la frontière à Shenzhen, la zone économique spéciale voisine de l’ancienne colonie britannique.
Cette force devrait rester en place après le retour de Hong-Kong afin d’empêcher toute infiltration à l’intérieur de la Région Administrative Spéciale, futur nom de Hong-Kong après le 1er juillet.
La sécurité dans la zone frontalière a déjà été renforcée et le nombre de visiteurs venant de l’intérieur de la Chine et autorisés à entrer dans Shenzhen a été réduit, a indiqué la presse.
Ces mesures de précautions témoignent de l’inquiétude qui prévaut à Pékin sur une possible émigration sauvage à l’occasion de la rétrocession.
Pendant des décennies, Hong-Kong a fait rêver les Chinois du continent et la colonie reste encore aujourd’hui pour beaucoup d’entre eux un paradis d’opulence et de libertés, aux portes de la Chine, et pourtant inaccessible.
Attirés par la promesse d’une vie meilleure, des milliers ont risqué chaque année leurs économies et parfois même leur vie pour tenter de pénétrer clandestinement dans le territoire.
Décompte quotidien
La propagande officielle chinoise, qui conditionne depuis plusieurs mois la population à cet événement «historique», a plutôt renforcé cette image d’Eldorado interdit.
Depuis janvier, la Télévision Centrale de Chine débute son bulletin d’information chaque soir avec un décompte du nombre de jours restant avant la rétrocession.
Mais à mesure que la date fatidique approche, les médias concentrent davantage leurs reportages sur les aspects légaux du transfert de souveraineté que sur la puissance, la richesse et la beauté de Hong-Kong.
Il n’en reste pas moins que dans les régions reculées de Chine, les paysans peu éduqués ont été certainement davantage frappés par les images fascinantes de ce temple du capitalisme que par les consignes de maintien de l’ordre martelées par les médias au cours des dernières semaines.
C’est pourquoi le Bureau de la Sécurité publique de la province méridionale du Guangdong, frontalière de Hong-Kong, inquiet de la menace d’une émigration sauvage, a lancé dès avril une campagne d’information publique sur les règlements concernant les déplacements à la frontière.
Les contrôles frontaliers vont rester en vigueur, ainsi que les conditions strictes exigées pour tout résident du continent souhaitant entrer dans le territoire, a annoncé le vice-directeur de la Sécurité publique du Guangdong, Wang Yinggang.
Mais heureusement pour Hong-Kong, la zone économique spéciale de Shenzhen devrait servir de zone-tampon en cas de risque d’émigration sauvage.


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