Sur fond rouge, «couleur de la violence, du sang et de la passion», l’artiste dessine beaucoup d’hommes et quelques femmes dans des attitudes diverses.
Sur de grands panneaux, il insère dans des carrés juxtaposés des portraits façon instantanée de «personnes qui m’ont marqué au cours de ces dix dernières années», dit-il.
En fait, indique Jean-Marc Nahas, cette exposition s’articule autour de trois thèmes: le jeu, les relations entre les êtres mais aussi le massacre des Capucins en Algérie.
Il y a également des natures mortes aux pommes… appelées «les garces»; un portrait de Libanais typique, début de calvitie et petites moustaches, baptisé «le jardin de Sanayeh»; une femme assise sur un lit, les épaules voûtées, entourée de deux hommes, tableau intitulé «La femme qui est dans mon lit n’a plus vingt ans», référence à un hit Moustaki-Reggiani des années soixante… On l’aura compris, ces titres décalés, ironiques, sarcastiques s’appliquent parfaitement aux compositions de Jean-Marc Nahas. De même qu’aux «mobiliers» (surtout des luminaires) et aux sculptures-bibelots et boites en bois sur lesquels il dessine de petits bonshommes caricaturaux, des grappes de raisin, une sardine…
La galerie Alwane, Kaslick, expose jusqu’au 2 juillet, les œuvres récentes d’Issa Halloum. Dans une palette de tons gais, fruités, il peint des coins de jardins ensoleillés, des natures mortes — paradoxalement pleines de vie —, des scènes rurales et des paysages de sa Békaa natale...
Une cinquantaine de gouaches, quelques pastels et trois grands panneaux à l’huile évoquent donc les thèmes précités. Cela va des vergers fleuris et des champs de coquelicots au printemps aux scènes habituelles de femmes à la cuisine, en passant par des déjeuners en famille, des papotages de femmes voilées, des vues d’habitations modestes en béton avec le linge qui pend sur la terrasse. Il y a également quelques bouquets à touche vive de couleurs exubérantes.
En somme beaucoup de nature, de fleurs et de fruits...
La galerie «Loutfik G. Nalbandian & fils», Sodeco, prête ses cimaises jusqu’au 21 juin aux toiles de Krikor Agopian.
42 acryliques et mixed-médias évoquant la femme, le désir, le cloisonnement social. Comme ces bustes féminins qui lancent vers le ciel des bras coupés...
L’artiste dit s’inspirer de sa félicité conjugale, de sa famille ainsi que de ses nombreux voyages mais aussi de l’inconscient collectif arménien. Des thèmes qu’il traite de manière ludique, alliant le trompe-l’œil à un zeste de surréalisme.
Ainsi cette pomme qu’il «accroche» à un cordon fixé par un clou, en trompe l’œil, sous un espace collage, représenterait à l’en croire l’amour charnel.
La grenade avec ses grains éparpillés, est pour le peintre, le symbole par excellence, du peuple arménien, de ses traditions. «On l’offre aux mariées le jour des noces pour leur dire reproduisez-vous». L’œuf, à la coquille parfois lisse, souvent craquelée est également présent. Il est, pour Agopian, l’emblème de nos prisons intérieures... Enfin, le peintre présente une série de techniques mixtes au dessin très élaboré, géométrique, presque cybernétique...
La galerie «World of Art», Ramlet el-Bayda, accroche jusqu’au 28 juin une quarantaine de toiles de Diana Naim célébrant la beauté féminine.
Libanaise d’origine brésilienne, l’artiste représente des femmes aux physique plutôt latino. Corps de rêve, crinière sauvage, yeux de braise, lèvres pulpeuses, ces créatures révèlent un tempérament de feu. Postures, regards et mouvements trahissent des révoltes, des fureurs, des violences, des défis et des provocations.
il y a cependant un brin d’ésotérisme dans les «nus sous la clarté lunaire», les courses folles de femmes chevauchant des étalons, des béliers ou même — note exotique! — un chameau.
Il y a également une série de nus féminins, en papier mâché beige et jute, fixés en relief sur des toiles recouvertes du même papier. Et qui, selon les différentes attitudes corporelles, expriment tout un registre d’émotions et de sensations: peur, timidité, ivresse, rêverie.
Exposition fraternelle jusqu’au 27 juin à la salle de verre du ministère du Tourisme, Hamra, où Zeinab et Mohammed Hammoud présentent chacun une cinquantaine de toiles.
Zeinab Hammoud fait dans l’abstrait. Elle traite des huiles par modulation de couleurs fortes appliquées par touches longitudinales, qui expriment ses interrogations devant la nature.
Son frère par contre dessine des paysages variés qu’il recouvre ensuite d’une couche de peinture. Cela va des bords de mer aux vues de villages en passant par des palmeraies, des tentes dans le désert, des pans verdoyants de montagne.


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