Tout a commencé la nuit du 28 avril, à Touna al-Gabal, à 300 kilomètres au Sud du Caire. Le maire Abdel Hamid Ali Ibrahim a affirmé à ses administrés avoir été «réveillé en sursaut par le feu qui sortait des murs d’une chambre du deuxième étage et a tout calciné» dans cette pièce de son domicile.
Le lendemain, un incendie similaire s’est produit dans une chambre voisine. Croyant qu’il s’agissait d’un court-circuit, il a fait venir un électricien qui a constaté que l’installation était en bon état.
Les villageois se sont montrés d’abord dubitatifs mais ont changé d’avis quand quelques jours plus tard, ils ont dû éteindre le feu qui consumait une troisième chambre.
«Plus étrange encore, lorsque la famille a tenté de s’enfuir, elle a dû enjamber le mur car le portail en fer du domicile s’était soudainement bloqué et personne ne pouvait l’ouvrir», a raconté un villageois, Farouk Dakar.
Plus d’eau
Une autre surprise attendait les habitants. «Quand nous nous sommes précipités pour éteindre le sinistre, il n’y avait pas une goutte d’eau au domicile de l’édile, alors qu’elle était disponible dans les habitations voisines», a-t-il ajouté.
«J’ai alors décidé de m’installer chez mon frère, mais vingt-quatre heures après ma venue, le feu a éclaté d’une manière aussi mystérieuse dans un carton à vêtements dans la chambre où ma famille était installée, et a brûlé l’armoire», explique le maire.
«Jusqu’à présent, ce scénario s’est reproduit trois fois chez mon frère et mes six fils sont partis dormir chez des amis», souligne-t-il.
Un officier de police de la région, le commandant Sobhi Gabr, affirme que d’après les investigations menées jusqu’ici, «aucun des incendies n’était d’origine criminelle».
«J’ai donc eu recours à plus de 300 cheikhs et magiciens. Tous ont affirmé que c’était l’œuvre de mauvais génies, mais personne n’a pu mettre un terme à mon calvaire même en récitant des sourates du Coran ou en fabriquant des talismans», se lamente le maire.
«Parallèlement, la rumeur circulait dans le village que la maire avait retrouvé, il y a quelque temps, avec l’aide d’un djinn (bon génie ou démon dans la tradition islamique) un trésor sous son domicile et que ce dernier a décidé de se venger quand le maire n’a pas tenu sa promesse de construire une mosquée avec une partie du magot découvert», raconte sérieusement le commandant Gabr.
Cette interprétation surnaturelle n’est pas écartée par la police. «Nous avons constaté récemment une richesse soudaine du maire, et la version populaire nous apparaît la plus proche de la vérité», affirme l’officier.
«Le village de Touna al-Gabal abrite plusieurs magiciens qui font des talismans et sont capables de nuire aux autres», note pour sa part le chef des services de sécurité de la province de Miniya, le général Sami Abdel Gawad.
Le maire dément catégoriquement ces rumeurs: «Si le problème résidait dans la construction d’une mosquée, je l’aurais immédiatement entreprise au lieu d’être ainsi torturé avec ma famille depuis un mois».


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