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Actualités - Chronologie

La Chine lorgne déjà en direction de Taïwan


PEKIN, 17 Juin (AFP). — Avec le retour de Hong Kong bientôt achevé et celui de Macao étroitement ficelé, la Chine lorgne déjà en direction de sa prochaine cible—la plus ambitieuse — la réunification avec l’île de Taïwan.
Depuis plusieurs mois, la direction chinoise et la presse officielle ne cessent de répéter que la formule d’«un pays, deux systèmes», qui a conduit à la restitution de Hong Kong le 1er juillet, servira de modèle dans les relations futures avec Taïwan.
«Le retour de Hong Kong dans le giron de la patrie servira d’exemple pour promouvoir une solution (...) de la question de Taïwan» a déclaré la semaine dernière Yu Hongliang, membre de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC).
Taïwan est séparée de facto de la Chine depuis l’arrivée sur l’île des nationalistes du Kuomintang, après leur défaite face aux communistes de Mao en 1949. Mais Pékin continue de la considérer comme une province chinoise lui appartenant.
Un autre membre de la CCPPC a qualifié la formule d’«un pays, deux systèmes» — aux termes de laquelle Hong Kong doit conserver son système capitaliste pendant 50 ans — de modèle pouvant servir à la communauté internationale pour «résoudre pacifiquement par la négociation des questions léguées par l’histoire».
Toutefois, peu nombreux — et moins que personne les Taïwanais — sont ceux qui accordent une quelconque validité à la comparaison entre les questions de Hong Kong et Taïwan.
«A propos de la réunification avec le continent, beaucoup de Taïwanais se demandent «A quoi bon s’attacher une pierre autour du cou et se jeter dans la mer?», estime un diplomate occidental à Pékin spécialiste des affaires taïwanaises.

«Un pays, deux systèmes»

L’économie de Taïwan est en bonne santé, son armée est moderne et efficace, et ses progrès en matière de démocratie ont été couronnés en mars 1996 pas l’organisation des premières élections présidentielles au suffrage universel.
Alors que l’île a fait d’énormes investissements sur le continent, elle n’est pas dépendante physiquement de la Chine comme l’est, par exemple, Hong Kong pour son approvisionnement en eau.
«La réunification n’est vraiment pas à l’ordre du jour pour le régime taïwanais, même s’il n’a pas encore franchi le pas de l’indépendance», souligne le diplomate.
Sans renoncer au recours à la force pour récupérer l’île, l’ancien patriarche du régime communiste, Deng Xiaoping, n’avait de cesse de prêcher la patience, soulignant que la réunification, bien qu’inéluctable, ne devait pas être précipitée.
«La Chine prévoit pour ce genre de choses des délais très longs et dans le cas de Taïwan, on se place dans une perspective de 30 ou 40 ans au minimum», relève un autre diplomate.
Malgré la propagande officielle, la direction chinoise n’est que trop consciente que le seul impact significatif que pourrait avoir le modèle de Hong Kong sur la réunification avec Taïwan est un impact négatif.
Si la transition à Hong Kong tourne à l’aigre, Taïwan saisira en effet immédiatement cette occasion pour dénoncer triomphalement l’échec du concept d’«un pays, deux systèmes».
D’un autre côté, si tout se passe sans heurt, Taipeh continuera à répéter que Hong Kong et Taïwan sont deux cas très différents.
Le gouvernement taïwanais a déjà dit clairement qu’«un pays, deux systèmes» ne répond pas à la question de la réunification.
Taïwan «ne peut pas accepter cet arrangement (...) car le plan vise au fond à transformer Taipeh en gouvernement local sous l’autorité de Pékin», affirme Kao Koong-lian, vice-président du Conseil des affaires du continent, chargé de formuler la politique de Taïwan à l’égard de la Chine.
PEKIN, 17 Juin (AFP). — Avec le retour de Hong Kong bientôt achevé et celui de Macao étroitement ficelé, la Chine lorgne déjà en direction de sa prochaine cible—la plus ambitieuse — la réunification avec l’île de Taïwan.Depuis plusieurs mois, la direction chinoise et la presse officielle ne cessent de répéter que la formule d’«un pays, deux systèmes», qui a conduit à la restitution de Hong Kong le 1er juillet, servira de modèle dans les relations futures avec Taïwan.«Le retour de Hong Kong dans le giron de la patrie servira d’exemple pour promouvoir une solution (...) de la question de Taïwan» a déclaré la semaine dernière Yu Hongliang, membre de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC).Taïwan est séparée de facto de la Chine depuis l’arrivée sur l’île des nationalistes...