«La pénurie d’eau est suffisamment sérieuse pour que les autorités évoquent désormais publiquement la menace d’un rationnement», indique depuis trois jours la radio d’Etat dans une émission consacrée à la «crise de l’eau».
La pénurie prend de plus en plus une dimension nationale et les imams de la prière collective de plusieurs régions touchées ont commencé à évoquer le problème pour demander à la population de consommer moins et d’éviter tout gaspillage.
L’Iran, pays de plus de 60 millions d’habitants, est un gros consommateur d’eau potable mais aussi d’eau à usage industriel et agricole.
Les experts soulignent que les Iraniens sont de très gros consommateurs d’eau. En 1994, l’Iran a consommé plus de 2 milliards de m3 d’eau potable et, selon des statistiques officielles, chaque Iranien consomme en moyenne quelque 300 m3 d’eau par an, alors que la moyenne mondiale est de 150 m3.
En Iran, l’eau du robinet est potable et la consommation d’eau en bouteille n’est pas encore entrée dans les mœurs bien que le pays, riche en sources minérales, exporte l’eau de ses montagnes vers les pays arabes du Golfe Persique.
Devant les risques de rationnement dans les grandes villes du pays et notamment à Téhéran, les médias demandent aux particuliers, et surtout aux habitants des quartiers riches de la ville de ne pas recourir à l’eau potable pour laver les voitures, remplir les piscines ou encore arroser les jardins.
L’utilisation de l’eau dans les zones rurales et agricoles pose un autre problème. Les paysans iraniens ne connaissent pas les méthodes modernes d’irrigation et continuent d’appliquer les méthodes traditionnelles d’utilisation des nappes souterraines.
Selon des chiffres généralement admis, plus de 200.000 puits profonds existent actuellement sur l’ensemble du territoire. L’utilisation de ces puits favorise une baisse régulière du niveau des réserves d’eau souterraines, en proie à un taux de salinité de plus en plus élevé, notamment dans les régions désertiques du centre du pays.
Les autorités tentent lentement depuis cinq ans d’introduire de nouvelles méthodes d’irrigation mais elles ne sont appliquées que dans un millier de fermes agricoles dans le pays.
Les réserves d’eau à Téhéran, métropole de quelque 12 millions d’habitants, ont considérablement baissé pendant l’hiver et le printemps en raison du manque de pluie et de neige.
La région de Téhéran, entourée de montagnes, est alimentée à plus de 80 pc par trois barrages situés à l’ouest et au nord-est de la capitale, qui sont à leur plus bas niveau depuis plusieurs mois.
Hormis quelques régions montagneuses, le plateau iranien n’a pas connu de pluie ou de neige l’hiver dernier et les grandes montagnes du pays comme celles du nord de Téhéran, qui alimentent les barrages, sont pratiquement sèches en ce début d’été.


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