Sous le titre «Dans le piège du Chah jusqu’à l’obscurité», Parvine Ghafari évoque sans détours ses premières rencontres avec le jeune Mohammad Reza Chah qui venait de se séparer de sa première femme, Fawzia sœur du roi Farouk d’Egypte.
«Adieu l’enfance et la virginité», écrit Parvine pour décrire son «impression» après avoir fait l’amour la première fois avec le Chah au palais impérial, alors qu’elle était âgée de 17 ans.
«Trois fois par semaine, il envoyait quelqu’un me chercher. A chaque fois et après avoir passé sa soirée avec moi, le Chah me renvoyait chez moi comme on range une poupée dans l’armoire après avoir joué avec», se souvient Parvine.
«Quand nous partions seuls en balade, il prenait ma main et m’embrassait comme un acteur américain», écrit-elle, ajoutant qu’elle «devait simplement remplir les heures de solitude» du monarque.
Grossesse et avortement
«Près du palais, au centre de Téhéran, le roi m’a offert une maison où je pouvais vivre. Apparemment, il ne voulait pas m’épouser», continue-t-elle, affirmant qu’elle a commencé «à s’interroger sur son avenir à ce moment-là».
«Quand j’ai dit au roi que j’étais enceinte, il est devenu rouge, m’a giflée et m’a insultée», poursuit-elle, affirmant que le Chah l’avait obligée à avorter. «Il m’a dit qu’il m’épouserait si j’avortais», ajoute Parvine, racontant qu’elle avait failli mourir après cette intervention.
«Dans la vie du Chah, ce qui comptait le plus, c’était les femmes, les avions et les belles voitures», se souvient encore Parvine, ajoutant: «Un jour, sur la route pour aller dans une station de ski, près de Téhéran, notre voiture est tombée en panne et le Chah n’a même pas été capable d’ouvrir le capot.»
«Extrêmement jaloux, il ne tolérait pas que je m’approche d’un autre homme», ajoute-t-elle, affirmant que «devant le refus» du roi de l’épouser, elle avait commencé à «s’intéresser aux autres hommes du palais pour assurer (son) avenir».
«Je l’ai vu pour la dernière fois en 1950, lorsqu’il s’est marié avec Soraya», raconte Parvine, qui se souvient avoir, après cette liaison impériale, «commencé à sortir avec un pilote américain» basé à Téhéran.
Après cette relation tumultueuse avec le Chah, Parvine s’est lancée dans le cinéma commercial pour devenir la belle blonde d’une quinzaine de films iraniens dans les années cinquante et soixante.
«Aujourd’hui, il ne reste rien de la jolie blonde du Chah, qui, malade et vieillie, attend la mort», conclut Parvine, âgée de 65 ans.
Chassé du pouvoir en février 1979 par la révolution islamique, le Chah est décédé en Egypte l’année suivante. Il a été enterré près de son père Reza-Chah, dont le corps momifié avait été transféré d’Iran pour être mis à l’abri.
La publication des «Mémoires» de Parvine Ghafari a suscité la colère des milieux radicaux en Iran.

