Face aux français d’Aérospatiale (37,9% d’Airbus), qui favorisent une structure où la future société Airbus ne possèdera pas d’actifs (usines, bureaux d’études...), Daimler Benz Aerospace (Allemagne, 37,9%) et British Aerospace (20%) préconisent au contraire leur regroupement sous un même toit, selon les déclarations de hauts responsables de ces sociétés réunis lundi à Paris, lors d’une conférence du quotidien «Financial Times».
L’Espagnol CASA, quatrième partenaire d’Airbus, ne participe que pour 4,2% à l’actuel groupement d’intérêt économique, qui doit laisser la place à une société de droit privé d’ici 1999.
Les responsables des quatre sociétés ont tous souligné que rien n’était joué et que les discussions étaient toujours en cours.
«Il n’y a pas de réelle différence entre nous, il y a des négociations et des évaluations», a déclaré Mike Turner, un directeur de British Aerospace.
«Les actifs et les ressources des partenaires d’Airbus doivent être rassemblés sous une direction commune», selon la lettre d’intention signée par eux en janvier, a rappelé M. Turner en estimant que «le problème est de trouver comment y parvenir».
Il a néanmoins montré de la compréhension pour la position d’Aérospatiale, «Ils veulent avoir une vue d’ensemble de l’aéronautique européenne civile et militaire», a-t-il dit.
Jean Louis Fache, directeur général d’Aérospatiale, a estimé que la structure que son groupe propose pour Airbus est le meilleur moyen de parvenir à «une nouvelle société aéronautique et spatiale transeuropéenne», que tous les intervenants ont appelé de leurs voeux pour faire pièce aux Américains et en tout premier lieu à l’alliance en cours entre Boeing et McDonnell Douglas.
Donner à une société de droit privée Airbus «un mandat de direction mais avec des actifs restant aux mains des partenaires permettrait de rester cohérent avec les changements requis dans les autres secteurs comme l’espace ou l’aéronautique militaire», a expliqué M. Fache.
Pour lui cela permettrait dans la foulée d’éviter de mettre sur pied «un patchwork de nouvelles entités parce que notre but est de construire une Europe unie et non pas la balkaniser».
Wolfgang Piller, membre du directoire de Daimler Benz Aerospace (DASA) a profité du débat pour lancer un message très clair au nouveau gouvernement français, mais sans le citer.
«Les gouvernements doivent comprendre la nécessité fondamentale de privatiser les entreprises et donc de voir leur influence diminuer en tant qu’actionnaires, parce que nous n’arriverons au plus haut degré de compétition et de retour sur investissement que si la privatisation est menée à bien aussi conséquemment et rapidement que possible», a souligné M. Piller.


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