Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Football Un tournoi de France presque pour rien

PARIS, 12 Juin (Reuter). — Appelé de ses vœux par Aimé Jacquet, le Tournoi de France de football n’a pas répondu à ses attentes et seul le temps dira s’il fut pour les Tricolores autre chose qu’un rendez-vous manqué à un an de la Coupe du monde.
L’équipe de France y a concédé une défaite et deux matches nuls et y a offert le spectacle d’une formation mal préparée, épuisée par une saison trop longue et seulement sauvée par son orgueil.
Du terrain, il n’est sorti aucune vérité sinon celle de Lapalisse qu’aucun joueur ne peut faire plus qu’il n’est possible.
Les deux buts encaissés en fin de rencontre contre l’Angleterre puis contre l’Italie sont la conséquence d’un état de fatigue si avancé qu’il était impossible aux Français de préserver un résultat qu’ils croyaient acquis.
«Ces matches ne furent pas une grande satisfaction, admet Aimé Jacquet, car ils ne nous ont pas permis de nous projeter dans l’avenir. Tout était faussé d’avance».
«Les joueurs étaient pris par leur club. Nous n’avons pas pu avoir une préparation adéquate face à des adversaires aussi prestigieux. Le résultat de ce tournoi est logique».
L’Angleterre, arrivée avec un moral de vainqueur et une préparation solide, fut la révélation de cette compétition qu’elle a remportée dès son deuxième match.
Le Brésil, venu se roder en Europe avant la Copa America, termine seul invaincu tandis que la France et l’Italie finissent sur la même ligne: aucune des deux équipes n’a réussi à gagner le moindre match, mais chacune a su sortir la tête haute d’une épreuve dans laquelle elles étaient entrées à reculons.

De l’audace

Pourtant dans son malheur, la France a quelques raisons d’être heureuse.
L’équipe façonnée depuis trois ans et demi par Aimé Jacquet arbore enfin les traits que le sélectionneur français estime indispensables à une nation organisatrice de la Coupe du monde.
Dans une compétition amicale, sans autre enjeu que l’honneur, les Bleus ont démontré une volonté et une cohésion qui, si elles ne furent pas récompensées, trahissent un caractère de vainqueur.
«Le mental est là», affirme Jacquet. «L’équipe de France est maintenant consciente de ses possibilités, des progrès qu’elle a à faire et de l’importance de l’enjeu qui l’attend».
Aimé Jacquet admet que cette équipe est loin d’être un champion du monde mais il fonde désormais beaucoup d’espoir sur l’avenir de ses protégés.
«L’esprit, un peu de chance et l’événement nous permettront de faire quelque chose d’important au Mondial», promet-il. «D’autant que la saison prochaine, si tout se passe bien, si tous les grands pays se qualifient et que les championnats finissent tôt nous aurons un bon mois pour nous préparer».
Pour les Tricolores, la Coupe du monde commence le 12 juin 1998. Il reste au stratège des Bleus un an pour répondre à la question du secteur offensif, dont le tournoi a un peu plus souligné l’urgence: trois buts en trois matches.
«Il y a des interrogations qu’il va falloir se poser», reconnaît Jacquet, qui avait appelé sept attaquants (si l’on inclut Youri Djorkaeff) et qui a pu mettre en pratique toutes les associations qu’il envisageait. Sans résultat.
«Dans ce tournoi, nous avons pu faire ce que nous avons voulu. Cela a permis à de jeunes joueurs de revenir après avoir été blessés», explique-t-il, sans vraiment convaincre.
«Ce qui est vraiment rageant c’est que nous avons une formidable puissance de feu mais on ne l’utilise pas», dit-il. «On n’ose pas tirer au but. On attend la situation la plus favorable car ce n’est pas dans notre mentalité d’être spontanés».
Pour expliquer cette timidité, surtout sensible chez les nouvelles recrues comme Florian Maurice ou Ibrahim Ba, Aimé Jacquet apporte un argument: «A l’étranger lorsqu’un joueur tire il est applaudi même s’il manque. En France, il est sifflé».
A un an du plus important match de sa carrière de sélectionneur, Jacquet a acquis la certitude qu’il possède une équipe capable de soulever des montagnes.
Il sait aussi qu’il ne lui reste plus qu’une chose, sans doute la plus difficile, à lui enseigner pour qu’elle ne trébuche pas sur le premier caillou venu: avoir de l’audace.
PARIS, 12 Juin (Reuter). — Appelé de ses vœux par Aimé Jacquet, le Tournoi de France de football n’a pas répondu à ses attentes et seul le temps dira s’il fut pour les Tricolores autre chose qu’un rendez-vous manqué à un an de la Coupe du monde.L’équipe de France y a concédé une défaite et deux matches nuls et y a offert le spectacle d’une formation mal préparée, épuisée par une saison trop longue et seulement sauvée par son orgueil.Du terrain, il n’est sorti aucune vérité sinon celle de Lapalisse qu’aucun joueur ne peut faire plus qu’il n’est possible.Les deux buts encaissés en fin de rencontre contre l’Angleterre puis contre l’Italie sont la conséquence d’un état de fatigue si avancé qu’il était impossible aux Français de préserver un résultat qu’ils croyaient acquis.«Ces matches...