PARIS, 12 Juin (AFP). 1,3 milliard d’humains vivent encore dans la pauvreté absolue, avec moins d’un dollar par jour, affirme le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) dans son rapport 1997 publié jeudi, en qualifiant cette situation de «scandale».
Face aux «échecs inexcusables des politiques menées», ce rapport entend rappeler les dirigeants mondiaux à leurs responsabilités, et à leur promesse, faite au «sommet social» mondial de Copenhague (mars 1995), d’éliminer la pauvreté absolue.
Sur le plan monétaire, les chiffres sont abrupts: 950 millions de personnes en Asie vivent avec moins d’un dollar par jour, comme 220 millions de personnes en Afrique (et à l’échéance 2000, 50% de la population sub-saharienne), 110 millions en Amérique Latine et dans les Caraïbes.
Dans les pays industrialisés, qui comptent 100 millions de pauvres, le PNUD remarque un recul des acquis des Trente Glorieuse et une dégradation du rôle de l’Etat. Il attire l’attention sur l’impact humain des politiques macro-économiques, comme en Grande-Bretagne et aux USA où déjà «50% des enfants de familles monoparentales naissent pauvres».
A l’Est enfin, la hausse de la pauvreté a été «sans précédent pour l’humanité»: +700% entre 1988 et 1994, avec aujourd’hui 120 millions de personnes pauvres, soit un tiers de la population.
Mais au-delà du seul niveau de revenu, le PNUD évoque la «pauvreté humaine»: le monde compte un milliard d’analphabètes, 160 millions d’enfants malnutris, et 110 millions privés d’école.
Le PNUD conclut ce bilan en indiquant que «les 20% d’humains les plus pauvres du globe doivent se partage la fraction misérable de 1,1% du revenu mondial, contre 2,3% en 1960» et que cette proportion «continue de se réduire».
Alors que l’économie mondiale représente «25.000 milliards de dollars», le rapport entre les plus riches et les plus pauvres sur la planète est passé de «30 contre 1 en 1960» à «78 contre 1 en 1994», poursuit le PNUD, qui regrette également que l’aide publique au développement (APD) soit «au plus bas depuis 25 ans».
Pourtant, la réduction de la misère est «parfaitement à notre portée», plaide le PNUD, rappelant que celle-ci a reculé ces cinquante dernières années plus vite que durant cinq siècles: depuis 1960 mortalité infantile a diminué de moitié, la malnutrition a reculé d’un tiers.
Le PNUD avance un programme d’action: tout d’abord mettre en place des politiques «axées sur les personnes», en modelant un environnement socio-économique en leur faveur. Ensuite, travailleur à une réelle égalité hommes-femmes: tant que leurs droits seront bafoués, les femmes formeront toujours la majorité des pauvres.
Le PNUD demande aussi de mettre en place «une croissance en faveur des pauvres»: il s’agit de «refaire du plein emploi une priorité majeure de la politique économique», et de «réduire les inégalités».
Enfin, il rappelle l’urgence «d’actions spécifiques» pour l’Afrique: prévention et règlement des conflits, allégement de la dette et aide «plus étendue et mieux orientée».
Réduire la pauvreté coûterait à la planète, a-t-il calculé, seulement 80 milliards de dollars, soit 10% des dépenses militaires mondiales de 1995, ou encore 1% du revenu mondial. Un simple «recadrage des priorités».


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