Lors de cette session semestrielle, préparatoire d’un sommet de l’Alliance prévu les 8 et 9 juillet à Madrid, les ministres évoqueront aussi la situation en Bosnie, l’élargissement de l’OTAN, les relations avec la Russie et le programme de coopération du Partenariat pour la paix.
Après un début à 15, sous forme de groupe des plans nucléaires et de comité des plans de défense, ils devraient être rejoints par leur nouvel homologue français, Alain Richard, premier ministre socialiste français de la Défense à participer à une réunion de l’Alliance depuis sa création en 1949.
Fin 1995, le président conservateur Jacques Chirac avait décidé de faire participer à nouveau à l’OTAN, après trente ans de politique de chaise vide, son ministre de la Défense et son chef d’état-major, promettant un retour dans la structure en cas de rééquilibrage des responsabilités au profit des Européens.
En l’absence de percée sur la question du commandement régional Sud qui oppose la France et les Etats-Unis, et avec l’arrivée d’un gouvernement de gauche, il est toutefois «probable» que Paris ne réintégrera pas la structure militaire, estime un responsable de l’Alliance sous couvert d’anonymat.
L’échec jusqu’à présent de l’OTAN à définir une nouvelle structure militaire facilite un «gel» ou une «pause» dans le rapprochement français.
Objet d’une réunion des chefs d’état-major de l’OTAN prévue en marge de la session ministérielle, la réforme du commandement militaire «n’aboutira vraisemblablement pas» cette semaine, selon des diplomates, qui mettent en doute la perspective d’une solution avant le sommet de Madrid.
Frères ennemis
Si les membres de l’Alliance sont convenus de réduire de quatre à trois (stratégique, régional, sous-régional) les niveaux de la structure et de trois à deux (Nord et Sud) le nombre de régions en Europe, la bataille continue de faire rage sur la création des états-majors sous-régionaux.
Dans le nord de l’Europe, le Danemark et la Norvège ont obtenu de conserver chacun un QG sous-régional alors qu’un seul aurait suffi pour ces deux pays, selon les experts. Dans le Sud, l’arrivée prochaine de l’Espagne dans la structure militaire s’ajoute à la complexité des rapports gréco-turcs.
En échange de sa participation, Madrid veut voir les Canaries rattachées au commandement Europe et au futur QG sous-régional qui sera établi en Espagne, alors que ces îles dépendent géographiquement du commandement Atlantique et d’un état-major basé au Portugal.
Dans le Sud-Est de l’Europe, l’implantation des QG sous-régionaux se révèle être un véritable casse-tête. A la place des trois états-majors actuels (à Vérone en Italie, à Izmir en Turquie et à Larissa en Grèce, non activé), un seul suffirait, selon les experts. Mais où l’implanter?
Le mettre en Grèce ou en Turquie revient à s’opposer à l’un de ces deux «frères ennemis». Bien que disposant déjà du commandement Sud à Naples, l’Italie, «gourmande», dit un diplomate, veut pour sa part conserver Vérone. Pour sortir de l’impasse, certains imaginent de garder trois états-majors, mais la Turquie refuse cette solution qui impliquerait leur «nationalisation».
Une telle issue ferait en outre passer à la trappe l’idée d’origine d’une structure réduite et plus souple. Grande perdante dans le projet en cours, avec la disparition de son QG régional Nord-Ouest, la Grande-Bretagne refuse quant à elle d’être le seul membre de l’OTAN à faire des sacrifices.


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