L’avant-dernier jour de sa visite dans son pays natal a été consacré en partie aux personnes et aux lieux qui ont marqué son enfance et sa jeunesse.
Karol Wojtyla a vécu pendant plus de vingt ans dans la superbe ville de Cracovie, ancienne résidence des rois de Pologne. C’est là qu’il fit ses études avant d’y exercer son ministère de prêtre, puis d’évêque et enfin de cardinal.
Le souverain pontife est resté plusieurs minutes silencieusement agenouillé dans le cimetière Rakowicki, la tête dans les mains, le regard fixé sur les noms aimés gravés dans le marbre gris et blanc.
L’émotion du Saint-Père, âgé de 77 ans, est plus palpable à chaque nouvelle visite au caveau familial, alors que lui-même souffre de nombreux problèmes de santé.
Traumatisé par le décès de sa mère, Emilia, morte en 1929 alors qu’il avait huit ans, il portera toute la vie les séquelles de sa disparition, qu’il évoque dans un poème angoissé écrit en 1939, «Tombe blanche», «Oh, combien d’années se sont écoulées Sans Vous — combien d’années?»
Son frère, Edmund, est décédé en 1932 des suites d’une fièvre de scarlatine qu’il avait contractée au contact d’un patient, alors qu’il était un jeune médecin fraîchement diplômé.
Enfin, son père Karol, un officier militaire à la retraite, est mort en 1941 après deux années d’occupation de la Pologne par les Nazis.
Le pape a peu parlé. Après s’être éloigné de la tombe, il a simplement remercié la chorale qui a accompagné de chants son entrée et sa sortie du cimetière, et a bavardé avec une vingtaine de religieuses venues le soutenir dans sa prière.
Ce n’est que quelques minutes plus tard, alors qu’il présidait une cérémonie au cours de laquelle il a dédié une unité d’opération du cœur portant son nom à un hôpital de Cracovie, qu’il a évoqué les visites qu’il rendait à son frère sur son lieu de travail alors qu’il était encore enfant.


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