Le jeune condamné, Kassim Bashir Mohamed, 22 ans, aurait avoué un vol à main armée. Le jour-même de sa condamnation, le 13 mai, il a été amputé.
Le 24 mai, un homme de 57 ans, Abshir Mohamed Ahmed, a eu la main droite coupée après avoir été reconnu coupable du vol de deux moutons. «Je suis innocent», a-t-il affirmé à la presse, en dénonçant «l’injustice» dont il a été victime, alors qu’il croyait que les tribunaux islamiques appliquaient «la loi d’Allah».
Le procès d’Abshir Ahmed a duré dix minutes, le temps qu’a pris l’amputation de sa main, lentement, douloureusement, au couteau.
Les mains des suppliciés ont été exposées pendant deux ou trois jours sur une place de Mogadiscio-Nord, partie de la capitale somalienne contrôlée par le «chef de guerre» Ali Mahdi Mohamed.
Cinq autres jeunes gens, poursuivis pour le même forfait que Kassim Mohamed, avaient nié. Ils ont été condamnés à un an et demi de prison mais, faute de moyens pour les nourrir, les autorités les ont remis en liberté cinq jours plus tard.
«C’est une aberration. Kassim est un faible, il a avoué mais est innocent», estime Hassan Shire Sheikh, un des deux coprésidents de «l’organisation Ismaïl Jum’ale pour les droits de l’homme», qui présentait lundi un rapport sur l’application de la charia (loi islamique) à Mogadiscio.
«Dans les deux cas, il n’y avait pas d’avocat, pas de témoins, pas de procureur ni même de plaignant!», s’est indigné Hassan, en rappelant que son association se proposait notamment de procurer des avocats aux accusés indigents.
Les tribunaux islamiques ont été instaurés en 1994 dans le nord de la capitale et plusieurs autres villes de Somalie, pays dépourvu de gouvernement, d’autorité et de système judiciaire depuis 1991.


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