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Actualités - Chronologie

Steak à 55 dollars

TULEROSA (Etats-Unis), 8 Juin (AFP). – Dans les plaines désertiques du Nouveau-Mexique (sud-ouest), en plein cœur du pays du bétail, le cou longiligne des autruches a modifié l’horizon, au rythme de l’engouement des consommateurs pour leur chair, pauvre en matières grasses, et leur cuir.
Pourtant, quand Tonya Wiliamson et son mari, en 1991, ont acquis pour 25.000 dollars le premier couple d’autruches de leur élevage, les fermiers de la région se gaussaient de la folie de leurs voisins.
Tonya Wiliamson se souvient: «Je ne peux pas croire que vous ayez payé autant pour un couple d’oiseaux», s’étonnait à l’époque un fermier local.
Cette année, l’élevage des Williamson compte 200 autruches qui gambadent sur près d’un hectare et donneront 500 poussins d’ici la fin de l’année.
La demande dépasse largement l’offre, qu’il s’agisse de cuir, de poussins ou encore de viande, malgré son prix élevé, qui peut atteindre près de 55 dollars le steak dans les grands restaurants.
Mais, les fermiers du sud-ouest des Etats-Unis, qui vivent difficilement du bétail, considèrent comme une menace potentielle la multiplication des élevages d’autruches dans la région.
Dans un petit restaurant de la région d’Alamogorda, le «Si Senor», les fermiers du voisinage l’ont bien fait comprendre.
Le jour où C.J. Yousif, le patron, a inscrit au menu des hamburgers à l’autruche et placé sur les tables des brochures vantant les mérites de cette viande, «certains ont pris les brochures, les ont jetées par terre et les ont piétinées».
Ces fermiers «vieux jeu ne veulent pas changer d’élevage après des générations», poursuit-il. «C’est eux qui y perdent», confie M. Yousif en haussant les épaules, lui qui a commencé à élever des autruches africaines au grand dam de son épouse.
En 1988, on ne comptait que 400 éleveurs d’autruches dans tout les Etats-Unis. En 1995, ils étaient près de 10.000, avec 500.000 oiseaux.
Avec trois fois moins de matières grasses que le bœuf et deux fois moins que le poulet, la viande d’autruche connaît un succès croissant aux Etats-Unis, tout comme en Europe et en Asie.
La viande d’autruche coûte pourtant environ 20 dollars le kilo. Un sac à main en cuir d’autruche peut atteindre les 850 dollars, tandis qu’il faut plus de 5.500 dollars pour une mallette chez Bally’s, à Londres.
Reste qu’une autruche peut mettre au monde cinquante poussins par an, qui seront bons pour l’abattage dix à quatorze mois plus tard, alors qu’une vache ne peut avoir qu’un veau chaque année et qu’il faut trois fois plus de nourriture pour l’élever.
L’élevage d’autruches est enfin une entreprise plutôt facile, utilisant les animaux de ferme comme «nourrices». Comme tous les oiseaux, les autruches prennent le premier être vivant qu’elles voient pour leur mère.
Ainsi, dans l’élevage des Williamson, ce sont des chèvres qui maternent les poussins. La singularité d’un troupeau de poussins suivant une minuscule chèvre n’a d’égal que la vue d’une autruche de 2,50 m de haut, suivie par la chèvre, dévouée, qui l’a élevée.
TULEROSA (Etats-Unis), 8 Juin (AFP). – Dans les plaines désertiques du Nouveau-Mexique (sud-ouest), en plein cœur du pays du bétail, le cou longiligne des autruches a modifié l’horizon, au rythme de l’engouement des consommateurs pour leur chair, pauvre en matières grasses, et leur cuir.Pourtant, quand Tonya Wiliamson et son mari, en 1991, ont acquis pour 25.000 dollars le premier couple d’autruches de leur élevage, les fermiers de la région se gaussaient de la folie de leurs voisins.Tonya Wiliamson se souvient: «Je ne peux pas croire que vous ayez payé autant pour un couple d’oiseaux», s’étonnait à l’époque un fermier local.Cette année, l’élevage des Williamson compte 200 autruches qui gambadent sur près d’un hectare et donneront 500 poussins d’ici la fin de l’année.La demande dépasse largement...