Hingis, aux dires de ses rivales successives, a tout pour s’imposer et remporter son deuxième tournoi du grand chelem consécutivement, après son succès en début d’année aux Internationaux d’Australie.
«Martina sait tout faire, commentait par exemple la Sud-Africaine Amanda Coetzer, juste après sa propre élimination par... Iva Majoli, l’autre finaliste. Elle a un grand sens de l’anticipation, son équilibre naturel lui permet de se sortir de toutes les situations en fond de court, elle sait monter au filet. Elle possède l’intelligence du jeu et elle a confiance en elle. Sur un court, on n’a vraiment pas l’impression qu’elle n’a que 16 ans».
«Elle joue un tennis sidérant, ajoutait de son côté Monica Seles, après sa demi-finale «au couteau» avec Hingis. C’est merveilleux. Elle n’a pas de points faibles».
Et pourtant, la Suissesse relève d’une blessure au genou (consécutive à une chute de cheval) qui l’a tenue éloignée des courts pendant sept semaines!
Bref, qui pourrait donc la battre en ce moment, sinon peut-être la Steffi Graf des grands jours? Hélas pour le spectacle et l’intérêt du duel entre les deux meilleures joueuses mondiales, l’Allemande n’a pas été en mesure d’aller jusqu’au bout du tournoi, et le rôle de challenger sera tenu par Majoli.
La jeune Croate (19 ans), qui disputera sa première finale d’un tournoi du grand chelem, a les qualités techniques et morales requises pour assumer cette tâche, même si sa dernière rencontre avec Hingis, en demi-finale de l’Open de France à Paris, en février, a rapidement tourné court: 6-1, 6-3.
Majoli, qui ne s’avoue jamais vaincue (un compliment encore lancé par Monica Seles jeudi), risque cependant d’être handicapée par les effets d’un traitement aux antibiotiques, commencé mercredi pour soigner un rhume bien malvenu.
«Mais je n’ai rien à perdre, rappelait-elle. Et sur une finale, tout est possible. Il me suffira d’être à la fois patiente et agressive».
Et qu’il y ait (aussi) un peu de vent, pour perturber le jeu «au millimètre» de la Suissesse.


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