«Nous nous sommes pratiquement mis d’accord pour qu’un Conseil national se réunisse la semaine prochaine et arrête la date des assises, qui pourraient se tenir le 5 juillet», a déclaré l’ancien ministre de l’Intérieur sur France-Info.
Auparavant, Philippe Séguin, chef de file des frondeurs, avait annoncé qu’il se présenterait à la présidence du RPR lors des assises extraordinaires du mouvement, actuellement dirigé par son éternel rival, Alain Juppé, et, dans cette attente, à celle du groupe RPR à l’Assemblée.
Alain Juppé, qui pourrait annoncer sa démission de la présidence dès le Conseil national de mercredi prochain, avait tenté vainement de calmer le jeu mardi en annonçant qu’il remettrait son mandat de président du RPR en jeu lors d’assises extraordinaires qu’il ne souhaitait réunir qu’en septembre.
L’ancien premier ministre a regagné dès jeudi en fin de matinée son fief de Bordeaux et, durant son séjour girondin, il ne fera aucun commentaire sur la tempête qui secoue le RPR depuis la défaite de la droite aux législatives.
Sur France-Info, Charles Pasqua a déclaré qu’il n’était «pas certain qu’Alain Juppé ait voulu se maintenir» à la tête du mouvement gaulliste.
«Mais je crois qu’autour de lui, un certain nombre de gens souhaitaient qu’il se maintienne. Or, compte tenu de l’échec qui a été subi, il ne s’agit pas de combattre pour des places, soit à conquérir sont à maintenir. Il faut un signe fort. Et quel que soit le mérite, le courage d’Alain Juppé, il ne peut pas incarner le renouveau et donc il faut aller vite», a-t-il dit.
Charles Pasqua a répété que Philippe Séguin était «celui qui est le mieux porteur des idéaux» gaullistes.
Debré à
l’Elysée
L’étau semble donc se resserrer sur Alain Juppé.
Scellant son alliance avec Edouard Balladur, Philippe Séguin a reçu l’ancien premier ministre à l’hôtel de Lassay, en compagnie de Nicolas Sarkozy et de Charles Pasqua.
Jean-Louis Debré, nommé mardi secrétaire général par intérim du PRP par Alain Juppé, a fait une longue visite à l’Elysée.
Le service de presse de la présidence n’a pas fait de commentaire, ni confirmé si Jean-Louis Debré était venu voir Jacques Chirac, qui a fondé le RPR en 1976.
Invité sur RMC, l’ancien ministre de l’Intérieur, un fidèle du chef de l’Etat, a affirmé qu’il était «de ceux qui pensent qu’il faut, après une défaite, s’interroger, changer les structures, probablement changer les hommes mais pas n’importe comment».
«Il faut le faire dans la responsabilité, dans la sérénité et dans la réflexion», a-t-il déclaré.
François Baroin, député proche de Jacques Chirac, a lui aussi rallié la fronde en estimant sur France 2 que «seul Philippe Séguin, dans l’équation politique actuelle, est capable de rassembler le mouvement sur des bases essentielles».
«Il appartient à Alain Juppé de prendre ses responsabilités avec beaucoup de courage et de dignité pour sauver l’unité du mouvement», a-t-il ajouté.
Selon des sources politiques, Jacques Chirac a opposé son veto à une solution élaborée par Alain Juppé qui aurait conservé la présidence du RPR en confiant le secrétariat général au «balladurien» Nicolas Sarkozy.
Un sondage Ipsos réalisé pour l’hebdomadaire «Le Point» révèle qu’une majorité de Français souhaite que Philippe Séguin devienne président du RPR mais aussi que l’UDF et le parti gaulliste se regroupent et forment un seul parti en refusant tout rapprochement avec le Front national.
Selon cette enquête, réalisée le 4 juin auprès d’un échantillon de 834 personnes, 67% des Français pensent que le prochain président du RPR doit être Philippe Séguin, contre 14% qui jugent qu’Alain Juppé doit être désigné.


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