Le 14 avril, 293 panneaux métalliques ont été abaissés, formant une digue de 7 kilomètres pour clore cette baie située à proximité de Nagasaki, sur l’île de Kyushu, à l’extrême sud du Japon.
Il s’agit d’empêcher les marées d’irriguer quelque 1.100 hectares de basses terres à l’embouchure d’une rivière pour en récupérer une partie.
Les autorités avaient tout planifié sauf la mobilisation des amis des animaux. 282 espèces différentes vivent dans ces marais, dont plusieurs classées en voie de disparition.
Hérons, aigrettes trouvaient là une alimentation de choix, riche en huîtres et en gobie des marais, mi-poisson, mi-tétard d’une vingtaine de centimètres.
Les écologistes se sont organisés, alternant manifestations et opérations de sauvetage. Le dimanche, ils sont des centaines, enfoncés dans la vase jusqu’aux genoux, pour attraper les gobies qui ont survécu et les transporter au-delà de la digue.
«Nous ne pouvons accepter un projet qui extermine l’écosystème de la baie», affirme Kenji Taminaga, d’un groupe local de défense de l’environnement.
Si la digue n’est pas ouverte, toute vie disparaîtra courant juin, soulignent les défenseurs des marais. Leurs appels, relayés par des parlementaires, sont restés vains.
Le gouvernement, interrogé par le premier ministre Ryutaro Hashimoto, a estimé en mai qu’il fallait poursuivre des travaux qui ont déjà coûté 135 milliards de yen (1,17 milliard de dollars). 100 milliards sont encore programmés pour la construction de deux digues.
Dix parlementaires de plusieurs partis ont adressé une requête urgente au directeur (ministre) de l’Agence pour l’environnement, Mme Michiko Ishii. L’agence a donné son feu vert en 1988 mais Mme Ishii estime que si l’agence était consultée aujourd’hui, «nous arriverions à la conclusion de ne pas autoriser les travaux d’assèchement».


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