S’exprimant à Kourou, en Guyane française, lors du lancement par Ariane des satellites de télécommunications Inmarsat-2F3 de l’organisation internationale INMARSAT et d’Insat-2D de l’ISRO (Indian Space Research Organisation), M. Bigot a estimé que les opérateurs de ce type de satellites lançaient un «double défi» à un leader du transport spatial tel qu’Arianespace, qui a déjà mis en orbite 109 satellites de télécommunications, sans compter les deux derniers lancés avec succès mardi soir.
«Nous devons fournir aux opérateurs des lanceurs de plus en plus flexibles et de plus en plus fiables — l’enjeu d’un retard ou a fortiori d’un échec sont en effet considérables — mais nous voudrions aussi participer à leur succès économique phénoménal», a poursuivi Charles Bigot, qui, partant à la retraite, quittera Arianespace dans un mois.
Comment y parvenir? Arianespace et ses concurrents étrangers pourraient faire payer leurs services de lancement deux fois plus chers… mais on assiste au contraire à une «guerre des prix» sur le marché des lancements et cela risquerait de ne pas être une stratégie très populaire! La solution, dans un avenir proche, pourrait être une participation au capital des opérateurs de télécommunications.
Un «grossiste» comme INMARSAT, par exemple, prévoit des revenus de plus de 500 millions de dollars par an, d’ici trois ans, grâce aux Inmarsat-3 (contre 369 millions de dollars en 1996), a indiqué son directeur général, Warren Grace. Encore faut-il y ajouter les bénéfices des opérateurs tels que France Télécom ou British Telecoms…
De plus, à l’autre «bout» des satellites, la constellation des cinq Inmarsat-3 — dont le dernier exemplaire sera lancé par Ariane début 1998 — a permis l’introduction de téléphones munis d’un terminal (la fameuse «valise Inmarsat») plus petit qu’un ordinateur portable et qui remportent un grand succès. Doté de caractéristiques semblables à celles des cellulaires, ils sont capables de fonctionner au fin fond du désert comme au milieu de l’océan ou de la forêt tropicale… Vraiment portatif, cet «Inmarsat-phone» pèse 2,2 kg, permet, bien sûr, de téléphoner mais aussi de transmettre des télécopies, et des données à 2,4 k/bits. «La demande a dépassé l’offre pour ces nouveaux terminaux lancés l’an dernier et nous devons sous-traiter», a souligné M. Grace. Inmarsat a d’ailleurs créé une filiale, devenue depuis société anonyme, ICO Global communication, dédiée à la téléphonie mobile, et dont l’organisation internationale n’est plus qu’un actionnaire parmi d’autres.
Autre priorité d’Arianespace pour l’avenir, a ajouté de son côté M; Bigot, la modification de l’étage supérieur d’Ariane-5 afin d’injecter directement les satellites, notamment de télécommunications, sur leur orbite géostationnaire finale à 36.000 km d’altitude.
Jusqu’à présent, la mission de la fusée européenne s’achève en effet avec la mise des satellites sur une orbite dite de transfert, très elliptique, dont l’apogée est bien à 36.000 km mais le périgée à «seulement» 200 km de la Terre. Ce sont ensuite les satellites eux-mêmes, grâce à leurs moteurs d’apogée, qui «montent» jusqu’à l’orbite finale.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir