Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Les nuages s'amoncellent à Moscou

Soutenu par un président Boris Eltsine d’humeur combative, le gouvernement souhaite que les députés adoptent au plus vite le nouveau Code fiscal, un projet de réforme sociale et, surtout, une Loi de finances amendée pour tenir compte de la réduction des dépenses budgétaires souhaitée par le premier vice-premier ministre Anatoli Tchoubaïs.
Le porte-parole du cabinet des ministres a indiqué que celui-ci n’hésiterait pas, en cas de besoin, à demander aux législateurs de reporter la fin de la session parlementaire, prévue pour la dernière semaine de juin.
Tout en soulignant que le gouvernement «respecte le droit au repos des députés», Igor Chabdourassoulov a précisé que le cabinet des ministres ne souhaitait pas voir l’adoption de ces documents remise à l’automne, rapporte l’agence Interfax.
Alimentées par les reproches réitérés du chef de l’Etat envers la politique d’«obstruction» des députés, les rumeurs sur une dissolution de la Chambre ont été relancées il y a quelques jours par Vladimir Choumeïko, l’ancien président de la Chambre haute du Parlement (Conseil de la fédération),aujourd’hui à la tête d’un mouvement politique pro-gouvernemental.
«La Douma n’a plus que deux semaines à vivre», a-t-il déclaré la semaine dernière.
«Chaque jour, nous devons nous tenir prêts à des élections. Y aura-t-il un scrutin anticipé ou non? Nous verrons bien», a-t-il encore dit à l’agence Interfax, comme s’il voulait, par ces propos, pousser la Douma à faire un faux pas.
Ancien chef de l’administration du Kremlin, Segueï Filatov estime pour sa part que la Chambre doit être capable d’assumer les conséquences de son «inefficacité», rapporte l’agence.
Les deux hommes ont récemment scellé avec Notre Maison Russie (NDR), la formation du premier ministre Victor Tchernomyrdine, une alliance dont l’existence pourrait se justifier en cas de législatives anticipées.

«Une Chambre rouge»

Dans un entretien publié par le quotidien économique «Kommersant-Daily» sous le titre: «Tchoubaïs donne trois semaines à la Douma», l’intéressé ne confirme ni ne dément les rumeurs sur une dissolution de la Chambre.
«Ce n’est pas moi qui dissout la Douma. Conformément à la Constitution, c’est là la prérogative du président Boris Nikolaïevitch Eltsine. Jugera-t-il nécessaire d’en user, je ne me risquerais pas à le dire», dit-il avant de justifier la pression exercée sur les députés par la nécessité urgente de «relever l’économie».
Dominée par les communistes et leurs alliés, l’actuelle Douma a été élue pour quatre ans en décembre 1995.
Les adversaires du président ont également leur représentant au gouvernement en la personne du ministre chargé des relations avec la Communauté des Etats indépendants (CEI). Mais l’opposition bruyante d’Aman Touleïev au traité d’amitié russo-ukrainien scellé samedi par Boris Eltsine et au partage de la Flotte de la mer Noire arrêté quelques jours plus tôt par Victor Tchernomyrdine pourrait bientôt lui coûter sa place.
Boris Eltsine a su tirer profit de la mainmise de ses adversaires sur la Chambre en jouant habilement des craintes d’un hypothétique retour des communistes au pouvoir pour se faire réélire en juillet 1996.
Reconduit dans ses fonctions pour quatre ans, rassuré sur son état de santé — du moins officiellement —, il n’a plus aujourd’hui besoin d’une Douma «rouge».
Depuis plusieurs semaines, ses conseillers lui susurrent à l’oreille que, malgré la dégradation des conditions de vie de la population, des législatives anticipées se traduiraient par un recul des communistes.
Fort de l’exemple récent de la France, ces derniers mettent le chef du Kremlin en garde contre une décision «irréfléchie».
Peu disposés pour autant à en découdre, les communistes ne semblent guère empressés de suivre les députés démocrates de Iabloka qui demandent la démission du gouvernement.
Visiblement soucieux d’apaiser les tensions, le président (communiste) de la Douma, Guennadi Selezniov, a fait savoir mardi que la Chambre examinerait le nouveau budget 1997 le 11 juin, rapporte l’agence Itar-Tass.
Soutenu par un président Boris Eltsine d’humeur combative, le gouvernement souhaite que les députés adoptent au plus vite le nouveau Code fiscal, un projet de réforme sociale et, surtout, une Loi de finances amendée pour tenir compte de la réduction des dépenses budgétaires souhaitée par le premier vice-premier ministre Anatoli Tchoubaïs.Le porte-parole du cabinet des ministres a indiqué que celui-ci n’hésiterait pas, en cas de besoin, à demander aux législateurs de reporter la fin de la session parlementaire, prévue pour la dernière semaine de juin.Tout en soulignant que le gouvernement «respecte le droit au repos des députés», Igor Chabdourassoulov a précisé que le cabinet des ministres ne souhaitait pas voir l’adoption de ces documents remise à l’automne, rapporte l’agence Interfax.Alimentées par les...