L’ancien généralissime de l’armée israélienne a recueilli 51% des suffrages, contre 28% pour Yossi Beilin.
Quelque 167.000 militants étaient appelés à voter. Près de 70% d’entre eux se sont prononcés.
«Vive le futur premier ministre», ont scandé des centaines de militants à l’annonce des résultats.
«C’est un premier pas vers l’espoir, le premier pas vers le renouveau, le premier pas sur le chemin de la victoire qui nous ramènera à la tête de ce pays», a déclaré M. Ehud Barak.
Il a promis d’associer les autres candidats à son travail à la tête de l’opposition. «Nous faisons partie du même camp», a-t-il dit.
Outre M. Yossi Beilin, 48 ans, artisan avec M. Shimon Pérès des accords d’Oslo et ancien vice-ministre des Affaires étrangères, se présentaient MM. Shlomo Ben-Ami, 53 ans, né au Maroc, professeur d’histoire européenne à l’université de Tel-Aviv, et Ephraïm Sneh, 52 ans, ancien ministre de la Santé de MM. Rabin et Pérès et ancien officier de Tsahal.
L’élection de M. Ehud Barak, 55 ans, marque la fin d’une époque, celle de M. Yitzhak Rabin, assassiné le 4 novembre 1995, et de M. Shimon Pérès, 73 ans, dont les camps respectifs se sont affrontés durant près d’un quart de siècle.
M. Barak, le troisième dirigeant du Parti travailliste depuis 1973, se présente comme l’héritier de M. Rabin, le «faucon» devenu «colombe».
Le Parti travailliste est «décidé à prendre des risques calculés au Proche-Orient afin de parvenir à la paix», avait déclaré M. Ehud Barak à Radio Israël avant son élection.
«Le Parti travailliste est retombé sur ses pieds et entreprend un voyage qui sera peut-être long, mais qui finira par nous ramener à la tête du pouvoir dans ce pays», avait-il ajouté.
M. Ehud Barak affrontera théoriquement M. Benjamin Netanyahu en l’an 2000 mais le responsable de la commission électorale du Parti travailliste, M. Eli Dayan, a déclaré que des élections anticipées étaient possibles, si une nouvelle crise — après le «Bibigate»— venait à ébranler la coalition au pouvoir depuis mai 1996.
M. Barak a déclaré par la suite qu’il avait l’intention de provoquer des législatives anticipées. «Nous allons faire de notre mieux pour qu’elles aient lieu un peu plus tôt, peut-être un à deux ans plus tôt», a-t-il dit.
Les sondages d’opinion donnent M. Barak au coude à coude avec M. Netanyahu. En réalité, le nouveau chef du Parti travailliste battrait le premier ministre de droite si des élections avaient lieu aujourd’hui, indique un sondage publié mercredi.
M. Barak est crédité de 44,7% des voix alors que M. Netanyahu n’obtient que 39,3%, selon le sondage publié par le quotidien «Yédiot Aharonot».
Le sondage, réalisé auprès d’un échantillon représentatif de 502 personnes avec une marge d’erreur de 4%, indique que 8,6% des Israéliens n’ont pas encore fait leur choix et que 7,4% ne veulent voter pour aucun des deux candidats.
L’officier le plus
décoré d’Israël
Entré en politique il y a seulement deux ans, M. Barak, 55 ans, est une figure militaire quasi légendaire en Israël: il est l’officier le plus décoré de l’Etat hébreu. M. Benjamin Netanyahu a servi sous ses ordres dans un commando d’élite de l’armée.
Dans un pays obsédé par les questions de sécurité, sa carrière exemplaire lui a permis d’être rapidement catapulté au premier rang de la scène politique.
Ministre de l’Intérieur dans le gouvernement Rabin en 1995, il a succédé à M. Shimon Pérès aux Affaires étrangères lorsque celui-ci a pris les rênes du gouvernement.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir