M. et Mme Tout-le-Monde peuvent jouer avec les portraits photographiques du petit dernier ou les vidéos de vacances, les corriger et les modifier à leur guise, voire les agrémenter de musique, les illustrer de leurs commentaires ou les envoyer à leurs proches par courrier électronique.
Ils peuvent consulter Internet sur leur poste de télévision ou regarder une vidéo sur leur micro-ordinateur. Quant à la bonne vieille télé, réduite à un écran plat super-léger, elle peut être suspendue à une cimaise.
Grâce à l’arrivée en force du numérique — la traduction de l’image ou du son en données informatiques — et des énormes gains de coûts que permet cette technologie, les fabricants visent les consommateurs avec des produits réservés il y a encore deux ou trois ans aux professionnels.
Très prisés, les caméras et appareils photo numériques proposent ainsi, pour leur troisième génération, des merveilles miniatures à des prix étonnamment bas.
Kodak, le groupe américain d’imagerie, présente pour 199 dollars une caméra de la taille de la main, transformable à volonté en appareil photographique. Cette Digital Video Camera 300 transfère directement les images dans un micro-ordinateur, pour édition ou transmission avec des logiciels inclus.
Album sur Internet
Introduite aux Etats-Unis en avril, la caméra connaît un franc succès, affirme Kodak. La DVD 300 requiert toutefois un type de branchement sur le PC qui arrive à peine sur le marché, une connexion unique nommée Universal Serial Bus (USB).
Pour stocker les images, Kodak vient d’ouvrir un site sur le Web, Kodak Picture Network. On y loue un emplacement, un album en ligne protégé que seules les personnes autorisées, comme Grand-Maman, peuvent venir consulter.
Le Japonais Hitachi montre, lui, une caméra capable de stocker un film de 20 minutes sur une carte PC, autrement dit sur des circuits imprimés, ce qui n’avait encore jamais été fait.
Le prix de la MPEGCAM reste élevé (2.499 dollars), mais la technologie ouvre la voie à des applications révolutionnaires: réduites à des puces électroniques, les caméras pourraient être installées ou transportées partout.
Pour ceux qui veulent s’amuser avec les effets spéciaux, voire recréer un film, à l’instar des professionnels, à partir des séquences de vidéo enregistrées, la société californienne Pinnacle systems propose un mini-studio de la taille d’un livre de poche.
Le Video Director Studio 200 (299 dollars) relie la caméra à un PC, où l’on travaille l’image grâce à des méthodes très simples, avant de la réenregistrer sur un magnétoscope.
Impressionnant, le boîtier Trinity, de la société Play Incorporated, va même jusqu’à mettre entre les mains du consommateur une technique digne des studios de télévisions. Au Comdex, ses promoteurs réalisent en continu une émission télévisée en direct, avec leur boîtier, un PC, deux moniteurs et deux caméras .
Comme le souligne un responsable de la chaîne publique PBS, Trinity remplit pour 4.995 dollars «toutes les fonctions d’une salle de contrôle de 200.000 dollars».

