Le PS a fait campagne sur la réduction progressive du temps de travail à 35 heures, «sans diminution de salaire» par la négociation avec les partenaires sociaux. Il devra trouver des arguments pour convaincre un patronat majoritairement hostile et rassurer les marchés financiers qui redoutent un impact négatif sur les bénéfices des entreprises.
La remise à plat de certaines aides à l’emploi devrait aussi figurer dans les dossiers prioritaires. C’est notamment grâce à ce «grand ménage» que le PS entend financer la création de 700.000 emplois réservés aux jeunes, pour moitié dans le public, pour moitié dans le privé.
Quant aux impôts, ils sont aussi promis à un remodelage complet, avec l’arrêt en 1998 de la baisse de l’impôt sur le revenu initiée par l’ancien premier ministre gaulliste Alain Juppé, une réduction de la TVA et un relèvement de l’impôt sur la fortune. Mais le calendrier précis de cette réforme fiscale n’a pas été annoncé.
Le cas de
France-Télécom
Toute la difficulté pour le gouvernement sera de combiner son programme avec la nouvelle mouture du budget qui devrait stabiliser le poids de la dépense publique et continuer à respecter dans les grandes lignes les limites de déficit imposées par les critères de la monnaie unique (3% du PIB).
Les marchés financiers auront l’œil rivé sur la ligne des dépenses et des déficits. Ils pourraient faire payer très cher au nouveau gouvernement tout dérapage, en attaquant le franc. Ce qui créerait un risque de hausse des taux d’intérêt et handicaperait la reprise, encore fragile, de l’économie.
Presqu’autant que sur la ligne des déficits, les marchés auront l’œil sur les privatisations.
Officiellement le Parti socialiste veut stopper toutes les grandes privatisations prévues par la droite, en particulier celle de France-Télécom qui devait être lancée le 5 juin.
Mais l’opération s’annonce délicate. Les recettes de la privatisation partielle de France-Télécom — 30 à 50 milliards de FF (1FF = 0,17 dollar) — devaient permettre de financer les canards boiteux du secteur public.
Si France-Télécom n’est pas privatisée, il faudra trouver cet argent ailleurs, une opération particulièrement difficile alors que tous les budgets ont été prévus au plus juste pour maîtriser les déficits.


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