Depuis, Mahmoud Si-yam a vendu l’essentiel de ces propriétés à des colons juifs dans le quartier palestinien de Silwan à Jérusalem-Est, a raconté Mounira. Il a aussi essayé de vendre un terrain appartenant à Mounira mais un tribunal israélien a bloqué la transaction le mois dernier.
La vente de terres palestiniennes à des colons israéliens est devenue le point focal du contentieux entre les deux parties, depuis que l’Autorité palestinienne a lancé la répression contre les «traitres» le mois dernier et qu’Israël a affirmé qu’il ferait tout pour les protéger.
Mais derrière le combat politique, les transactions immobilières elles-mêmes sont souvent peu ragoûtantes, avec leur cortège de trahisons, fraudes et illégalité, selon des avocats israéliens qui défendent les victimes.
«Nous pensions qu’ils étaient en train de laver le cadavre de notre mère. Mais quelqu’un a vu alors Mahmoud et ses complices qui mettaient de l’encre sur ses doigts pour apposer les empreintes digitales sur les documents de propriété. Nous l’avons vu», affirme Mounira, 50 ans.
«Mahmoud, a prétendu qu’il voulait agir pour nous protéger, pour avoir toutes les propriétés au nom d’une seule personne», dit-elle.
Mahmoud, qui vit aux Etats-Unis, a alors vendu à des colons le terrain où est construit la maison de Mounira à Silwan. Le mois dernier, un tribunal israélien a reconnu que les documents étaient des faux et annulé la transaction.
Hommes de paille
Des colons se sont déjà installés sur une parcelle de 200 m2, un peu plus bas dans la rue, qui leur a été aussi vendue par Mahmoud. «Nous avons également intenté une action en justice contre cette transaction. Mais c’est vain, puisque les colons y sont déjà. Aucun tribunal ne les expulsera», admet Imad Siyam, un des fils de Mounira.
«Les faux documents et les fraudes sont habituels dans les ventes de terre à des (colons) juifs», affirme Allegra Pacheco, une avocate de l’association qui défend la famille Siyam, la Société palestinienne pour la protection des droits de l’Homme et de l’environnement.
«Les Palestiniens ne vendent généralement pas de leur plein gré des terres à des Israéliens, c’est pourquoi les hommes de paille doivent recourir à la fraude», dit-elle. «Il arrive aussi parfois que les colons et les intermédiaires recourent à la violence physique et aux menaces», selon elle.
«Les transactions sont rarement cassées par le tribunal. Notre victoire dans le cas Siyam est exceptionnelle», affirme l’avocate.
Elle rappelle le cas d’Ahmed Odeh, un Palestinien qui a été reconnu coupable, dans les années 80, d’une cinquantaine de cas de fraude dans des ventes de terrains à des colons dans le nord de la Cisjordanie. M. Odeh a été condamné à la détention mais le tribunal s’est abstenu d’annuler les transactions.


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