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Actualités - Chronologie

Le parti des abstentionnistes objet de toutes les convoitises

PARIS, 30 Mai (AFP). — Le «parti des abstentionnistes», qui pourrait être le plus important de France, fait l’objet de toutes les convoitises, détenant une des clés de la majorité, de droite ou de gauche, qui sortira des urnes le 1er juin.
Avec 32%, la France est loin des records des 51% d’abstentionnistes au scrutin présidentiel aux Etats-Unis ou des 41% des législatives au Japon.
Mais ce chiffre du premier tour des législatives frôle le record de 1988 (33,9%), un scrutin ayant suivi de près l’élection présidentielle.
12,5 millions d’électeurs — un sur trois — ne se sont pas déplacés dimanche dernier, alors que la coalition de gauche a rassemblé 10,6 millions de suffrages et la majorité de droite sortante 9,1 millions.
C’est à cette armée de déçus de la droite, de mécontents ou simplement indifférents qu’était adressé l’appel au sursaut pour éviter le retour de la gauche au pouvoir, lancé mardi dernier à la télévision par le président gaulliste Jacques Chirac au lendemain de la cuisante défaite de la majorité au 1er tour du scrutin.
C’est eux que le leader de l’opposition de gauche, le socialiste Lionel Jospin, invite aussi avec insistance à se rassembler pour remporter une victoire désormais plus accessible, quatre ans après la déroute des socialistes en 1993, alors qu’ils étaient au pouvoir depuis douze ans.
Les abstentionnistes feront la différence, dans un scrutin à l’issue plus que jamais incertaine, avec le report des voix de l’électorat du Front national d’extrême-droite de Jean-Marie Le Pen.

Réservoir
de voix

Le FN, qui avait rassemblé 15% des suffrages au premier tour, jouera les arbitres au second tour dans 133 circonscriptions, 55 duels pour la plupart contre la droite, et 78 «triangulaires» gauche-droite-FN. Là où ses candidats avaient été éliminés dès le premier tour, les politologues estiment qu’un électeur sur deux du FN pourrait reporter sa voix sur la majorité sortante.
Selon les projections des instituts de sondage, avec 5 points d’avance sur la majorité sortante (41% contre 36%) au premier tour, la gauche — socialistes, communistes et écologistes — peut espérer au maximum une vingtaine de sièges de plus que la droite.
Aucun n’exclut cependant une victoire in extremis de la coalition sortante RPR-UDF à l’Assemblée nationale où elle contrôlait 80% des 577 sièges avant la dissolution décidée le 21 avril par le président Chirac, 10 mois avant l’échéance.
Le ministre de l’Intérieur, Jean-Louis Debré, avait affirmé dès le soir du premier tour que «la majorité a moins mobilisé, et moins massivement» que l’opposition.
L’ancien ministre ultra-libéral de l’Economie Alain Madelin, pressenti pour entrer au gouvernement en cas de victoire de la droite, a fait valoir qu’un glissement d’un ou deux points des suffrages peut faire basculer la victoire dans l’un ou l’autre camp.
Seuls 12 députés ont été élus dimanche dernier et selon les politologues les deux camps disposent du réservoir de voix pour l’emporter, chacun, dans un peu plus de 200 circonscriptions. Le sort de la future majorité se jouera donc sur quelque 140 sièges incertains.
Le phénomène de l’abstention électorale n’est pas nouveau en France où la participation est en constante baisse depuis les années 80, suscitant régulièrement un débat sur la crise de la représentation ou le manque d’intérêt des enjeux.
Mais traditionnellement aussi, il y a moins d’abstentions aux seconds tours qu’aux premiers. Cette fois, 4 à 5% des abstentionnistes auraient l’intention de se rendre aux urnes, selon les estimations.
Pour mobiliser, la droite espère un électrochoc provoqué dans l’électorat potentiel de la majorité, par les résultats du premier tour ainsi que par le départ annoncé de l’impopulaire premier ministre Alain Juppé.
La gauche fonde ses espoirs sur la dynamique que pourrait avoir suscité le succès de ses candidats au premier tour, scellant la remontée d’un parti décimé il y a quatre ans.
PARIS, 30 Mai (AFP). — Le «parti des abstentionnistes», qui pourrait être le plus important de France, fait l’objet de toutes les convoitises, détenant une des clés de la majorité, de droite ou de gauche, qui sortira des urnes le 1er juin.Avec 32%, la France est loin des records des 51% d’abstentionnistes au scrutin présidentiel aux Etats-Unis ou des 41% des législatives au Japon.Mais ce chiffre du premier tour des législatives frôle le record de 1988 (33,9%), un scrutin ayant suivi de près l’élection présidentielle.12,5 millions d’électeurs — un sur trois — ne se sont pas déplacés dimanche dernier, alors que la coalition de gauche a rassemblé 10,6 millions de suffrages et la majorité de droite sortante 9,1 millions.C’est à cette armée de déçus de la droite, de mécontents ou simplement...