Au cours d’une conférence de presse, le commandant Johnny Koroma a assuré que les pillages survenus à Freetown depuis le coup d’Etat de dimanche n’étaient «pas le fait de soldats, mais d’hommes habillés d’uniformes militaires». Il a cependant promis que son gouvernement «enquêtera sûrement sur cette affaire», qu’il a également qualifiée de «sabotage».
Plus de 700 militaires nigérians sont arrivés au port de Freetown dans deux navires, alors que des renforts (60 militaires) étaient convoyés vers l’aéroport de la capitale sierra-léonaise depuis Monrovia (Liberia) par des avions de la Nigerian Air Force.
M. Koroma a annoncé que «des négociations sont en cours entre les officiers des deux navires et des officiers sierra-léonais».
Ces troupes viennent en sus du contingent nigérian déjà sur place, conformément à un accord militaire bilatéral entre les deux pays. Aucune confrontation armée n’a cependant encore été constatée entre les troupes sierra-léonaises et le contingent nigérian. Les deux parties avaient cependant échangé des coups de feu dimanche lors de la prise de la présidence.
Le président renversé, Ahmad Tejan Kabbah, a demandé à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO — commanditaire de l’ECOMOG) d’intervenir pour lui restituer le pouvoir qu’il a exercé pendant quatorze mois, selon de bonnes sources à Monrovia.
Selon James Jonah — qui est à la fois envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies en Sierra Leone et ambassadeur du régime civil de Freetown (renversé dimanche) auprès de l’ONU —, le président Sani Abacha du Nigeria aurait promis à Tejan Kabbah, réfugié en Guinée, de le réinstaller à la présidence.


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