La décision sera prise ensuite au cours de contacts informels, y compris par téléphone, entre les chefs d’Etat des 16 pays alliés, en prévision du sommet de Madrid des 8 et 9 juillet où sera annoncée la première liste de nouveaux adhérents.
Ce dossier sera aussi évoqué en marge du sommet du G-7 (sept pays les plus industrialisés) du 20 au 22 juin à Denver (Etats-Unis) où seront présents plusieurs des principaux membres de l’OTAN, a précisé M. Burns dans l’avion amenant à Sintra le secrétaire d’Etat Madeleine Albright.
A Sintra, le choix des pays a été évoqué au déjeuner jeudi, la matinée ayant été consacrée à l’ordre du jour et à l’organisation pratique du sommet de Madrid.
Les alliés doivent aussi renforcer le Partenariat pour la paix, leur programme de coopération avec l’Est, afin de faire patienter les pays qui ne feront pas partie du premier groupe de candidats admis à l’OTAN.
La Pologne, la Hongrie et la République tchèque sont quasiment assurés d’adhérer en premier, mais la France pousse par exemple la candidature de la Roumanie, et l’Italie celle de la Slovénie.
L’OTAN décidant par consensus, faire entrer d’abord les trois candidats les mieux placés et eux seuls est la solution de facilité, souligne-t-on de source américaine. Les Etats-Unis ont aussi des doutes sur la capacité des autres candidats — en dehors de Varsovie, Prague et Budapest — de s’adapter rapidement à la structure militaire de l’OTAN.
Enfin, n’accepter que trois pays permet de laisser ostensiblement la porte ouverte aux autres candidats, ajoute-t-on de même source.
Sept autres pays se sont déclarés candidats — Bulgarie, Slovaquie, Macédoine, Albanie, Lettonie, Lituanie, Estonie — mais ont peu ou pas de chance d’adhérer dans l’immédiat.
Session élargie
L’opinion du Congrès américain, qui sera appelé à ratifier l’élargissement, n’est pas déterminante, car les avis des parlementaires sont très divers. Certains sont carrément opposés à toute extension de l’OTAN alors que d’autres sont favorables à l’adhésion de la Roumanie, de la Slovénie ou même des pays baltes parce que certains de leurs électeurs sont originaires de ces pays.
«Les nouveaux adhérents devront être capables d’assumer leurs responsabilités au sein de l’OTAN, qui est une organisation collective de sécurité», a souligné un responsable américain sous couvert de l’anonymat. Il a ajouté cependant que le président Bill Clinton «n’avait pas encore pris de décision» et que «la question d’une entrée à trois, quatre ou cinq restait très ouverte».
Une réunion des onze pays membres du Comité de suivi de l’accord de paix de Dayton est prévue après la session semestrielle de l’OTAN, afin notamment de désigner un successeur à Carl Bildt au poste de Haut représentant civil en Bosnie.
Selon des diplomates américains, un consensus s’est fait sur le nom de l’ancien ministre espagnol des Affaires étrangères Carlos Westendorp, actuellement ambassadeur d’Espagne à l’ONU. Paris et Washington en particulier se sont mis d’accord là dessus au cours de la visite lundi à Paris de Mme Albright.
La session ministérielle s’élargira vendredi aux pays d’Europe de l’Est partenaires de l’OTAN.
Les seize pays alliés avaient signé mardi à Paris un «Acte fondateur» définissant de nouvelles relations avec la Russie et qui lève le dernier obstacle à l’élargissement de l’OTAN.
Mme Albright quitte vendredi soir Sintra pour Zagreb où elle entame une tournée de deux jours dans les Balkans. Selon M. Burns, elle attend de ses partenaires de l’OTAN qu’ils «accentuent de nouveau les pressions» sur Zagreb, Belgarde et Sarajevo afin que ces pays respectent mieux l’accord de Dayton, en particulier en ce qui concerne le retour des réfugiés dans leurs régions d’origine et les poursuites contre les criminels de guerre.


À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir