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Actualités - Chronologie

Percée de l'extrême-droite en Alsace

STRASBOURG (France), 29 Mai (AFP). – Le Front national (FN, extrême-droite) réalise une percée remarquée en Alsace (Est).
Au premier tour des législatives françaises, le parti de Jean-Marie Le Pen y a obtenu plus de 21% des voix, contre 14,94% au niveau national, gagnant plus de six points par rapport à 1993. Ses candidats seront présents au 2e tour dimanche dans 11 circonscriptions sur 16.
Lors de l’élection présidentielle de 1995, M. Le Pen avait atteint en Alsace le score record de 25% des suffrages, contre 15% au niveau national.
Ces résultats étonnent dans une région plutôt épargnée par le chômage, un des «terreaux» principaux du vote d’extrême-droite.
Le fort taux d’immigrés dans la ville industrielle de Mulhouse, ou dans les faubourgs de Strasbourg, expliquerait en partie seulement cet engouement.
Candidat FN à Mulhouse, Gérard Freulet (près de 27% au 1er tour), un transfuge du gaullisme qui parle volontiers de sa mère allemande et de son épouse italienne, promet aux Alsaciens de défendre leur «identité nationale». Une affiche électorale de son parti montre une cigogne (symbole régional) portant le voile islamique.
Capitale de l’Europe, Strasbourg se retrouve aussi en première ligne de l’arrivée en France d’une vague de migrants des ex-pays communistes d’Europe de l’Est, qui génère une délinquance nouvelle.
Les politologues locaux avancent comme hypothèse l’incapacité des partis traditionnels à répondre aux peurs fondées ou non d’une population attachée aux valeurs d’ordre. Ils notent que le vote FN se concentre dans toute la partie est de la France, «aux frontières de l’Europe».
De nombreux Alsaciens de souche regrettent aussi le recul des traditions locales. Le FN et ses alliés du parti régionaliste «L’Alsace d’abord» utilisent en alsacien, patois d’origine allemande, des slogans tels que «Nous voulons rester ce que nous sommes», et des affiches montrant une Alsacienne en costume traditionnel bâillonnée, avec pour légende: «l’Alsace doit retrouver sa langue».
Adrien Zeller, président de centre-droit de la région, élu député sans discontinuer depuis 25 ans au premier tour et maire de Saverne, à l’ouest de Strasbourg, avait lancé avant le dernier congrès du FN tenu fin mars dans la ville une pétition appelant les élus à réagir. «Je ne peux laisser accréditer l’idée que l’Alsace est une terre bénie» du FN, expliquait-il dans ce «manifeste pour une Alsace fraternelle».
Pour le «punir», le député européen Yvan Blot, «patron» local du FN, avait alors décidé de se présenter contre lui. Objectif réussi pour M. Blot, qui a mis dimanche M. Zeller en ballottage, se retrouvant seul contre lui au second tour avec plus de 25% des voix.
Le maire socialiste de Strasbourg, Catherine Trautmann, figure de proue du mouvement anti-FN ayant culminé avec la manifestation de plus de 50.000 personnes fin mars à Strasbourg, répète que les électeurs de ce parti «se trompent de colère». Elle estime que son score «traduit la porosité entre l’électorat de la droite classique et du FN». Pour répondre à cette poussée d’extrême-droite, il faut selon elle «réformer et rénover la vie politique» en profondeur.
«Des régions voisines connaissent plus de chômage, abritent plus d’étrangers, mais ne se donnent pas au FN», note un sociologue, Georges Bischoff. Pour lui, il faut sans doute chercher dans «une identité qui exalte les grandes heures de l’Alsace et dans le sentiment d’être incompris» les raisons qui y font son succès.
STRASBOURG (France), 29 Mai (AFP). – Le Front national (FN, extrême-droite) réalise une percée remarquée en Alsace (Est). Au premier tour des législatives françaises, le parti de Jean-Marie Le Pen y a obtenu plus de 21% des voix, contre 14,94% au niveau national, gagnant plus de six points par rapport à 1993. Ses candidats seront présents au 2e tour dimanche dans 11 circonscriptions sur 16.Lors de l’élection présidentielle de 1995, M. Le Pen avait atteint en Alsace le score record de 25% des suffrages, contre 15% au niveau national.Ces résultats étonnent dans une région plutôt épargnée par le chômage, un des «terreaux» principaux du vote d’extrême-droite.Le fort taux d’immigrés dans la ville industrielle de Mulhouse, ou dans les faubourgs de Strasbourg, expliquerait en partie seulement cet engouement.Candidat...