En ballottage pour la première fois depuis 24 ans, en chute de 20 points, M. Tiberi est resté presque sans voix devant un tel désaveu, préférant se consoler en déclarant que «ce n’est pas dramatique».
Sur les 19 des 21 sièges qu’elle contrôle actuellement, la coalition de droite sortante pourrait en perdre six, selon une estimation, ce qui mettrait la gauche, avec huit sièges au total, presque à égalité avec la droite.
Talonné par une socialiste jusqu’ici inconnue, Lyne Cohen-Solal, qui a fait un score de 28% dans sa circonscription du Quartier Latin où concourraient 28 candidats, un record en France, M. Tiberi n’a rassemblé qu’un électeur sur trois sur son nom (33,46%).
Il a notamment dû affronter un candidat de droite contre la corruption, qui, en recueillant près de 5% des voix, a renforcé l’image désastreuse du successeur de Jacques Chirac à la mairie de Paris, accablé par les «affaires».
A l’affaire de son épouse Xavière, accusée d’avoir perçu un honoraire de 200.000 francs (35.000 dollars) pour une étude à l’intérêt douteux payée sur des fonds publics, est venue s’ajouter la plainte d’une association de contribuables parisiens à propos d’un logement du domaine public de Paris qu’il avait octroyé à son fils, après une coûteuse rénovation.
Les ténors de la majorité qui se présentent dans la capitale, ne voulant plus risquer de voir associer leur nom à celui de M. Tiberi, ont préféré faire campagne sans lui. Un mauvais résultat dimanche prochain pourrait sonner le glas de la carrière politique d’un homme devenu «encombrant» dans ses propres rangs.
Les noms de l’ancien premier ministre Edouard Balladur, qui devrait se faire réélire sans difficulté dans le 15e arrondissement, ou du ministre des transports Bernard Pons circulent déjà pour remplacer M. Tiberi, en principe maire jusqu’en 2001, pour redorer le blason terni de la capitale.
Mais d’autres personnalités comme le ministre de la Justice et numéro deux du gouvernement Jacques Toubon, candidat dans le 13e arrondissement, n’est pas à l’abri d’une mauvaise surprise le soir du 1er juin. La secrétaire d’Etat à l’emploi Anne-Marie Couderc est pour sa part déjà donnée battue, et d’autres ténors de la majorité présidentielle sont également en mauvaise posture.
La critique de la gauche, pour laquelle la gestion de Paris symbolise la mainmise du parti gaulliste, le RPR, qu’il faut empêcher de laisser s’étendre à l’ensemble du pays, a porté ses fruits. Le chef de file des socialistes Lionel Jospin a déclaré la semaine dernière: «Corruption, affaires, réseaux de financement occulte, politique cynique à l’égard des pauvres et des jeunes, Paris, capitale merveilleuse de tous les Français est devenue depuis 1977, la propriété exclusive d’un clan».


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