L’ouvrage en trois tomes, d’environ 600 pages chacun, a été édité dans le pays du «laogaï» (équivalent du goulag soviétique) par les Editions des masses, en «diffusion restreinte», en principe réservée aux cadres du Parti communiste et de l’administration.
Le livre, vendu 96 yuans (11,5 dollars), peut cependant être trouvé «depuis peu de temps» dans certaines librairies de Pékin et d’autres villes de l’intérieur, indique-t-on chez les commerçants.
Sorti en 1996, il porte une mention expliquant que les droits sont réservés au «Fonds social russe pour les personnes persécutées et leurs familles».
L’illustration de couverture montre un gardien fouillant un homme devant des barbelés, et, à l’intérieur des trois tomes, on trouve des photos de l’auteur à différents moments de sa vie, ainsi que des clichés sur des prisonniers condamnés aux travaux forcés dans l’ancienne Union Soviétique.
«Nous n’avons publié que quelques milliers d’exemplaires», a indiqué un responsable des Editions de masses.
«Nous n’avons pas eu de difficultés avec la censure, car la décision de traduire «L’Archipel» a été prise en haut lieu, et nous n’avons fait que nous exécuter», a précisé Mme Dai Xiwei, chargée de la parution de l’ouvrage au sein de la maison d’édition basée à Pékin. Deux traducteurs, Tian Dawei et Chen Hanzhan, ont travaillé sur le livre «pendant près de trois ans», a confié le responsable.
Mme Dai a refusé de fournir d’autres précisions, soulignant que «les étrangers ne devraient pas avoir accès» à l’ouvrage, que l’on trouve toutefois dans le rayon livres du Lantao, un des grands centres commerciaux de la capitale. On peut aussi se le procurer dans la principale librairie d’Urumqi, le chef-lieu du Xinjiang, une région du nord-ouest de la Chine où fonctionnent de nombreux «camps de réforme par le travail».


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